Lecteurs

Une dimension humaine

Mireille Aubert regrette la disparition des contacts dans les professions de service.
Commerce

J’ai beaucoup apprécié dans Le Courrier du lundi 15 avril 2019 l’article de l’économiste et conseiller national Samuel Bendahan concernant le report de responsabilité sur les clients à cause de l’automatisation qui progresse. «Cela pose déjà de sérieux problèmes de responsabilité», dit-il. Et il ajoute: «Ce n’est pas le job du client de scanner la facture mais celui d’un professionnel. Les employés sont formés, pas le client.» Et il déplore que «cela s’étend vers les transactions bancaires et autres» et ajoute «tout cela s’accumule sur le dos du citoyens qu’on va pénaliser en cas d’erreur, alors que la responsabilité des erreurs incombe aux entreprises et non aux clients».

Ce transfert se fait donc sur le dos des employés avec le risque pour les banques de suppression de postes et pour les secteurs de la vente de dévalorisation des professions de vendeurs, ceux-ci étant réduits à n’être plus que des magasiniers. Cela revient d’une part à enlever à la profession de vendeur sa valeur d’échange de compétences, soit de guider le client dans le choix du produit et d’en faire lui-même la réclame selon le besoin du client ; et d’autre part, cela prive le vendeur de tout rapport humain.

Lorsque je vois, dans un supermarché, la masse des produits carnés préemballés à disposition, j’ai la nostalgie de ces boucheries où à onze heures le samedi vous deviez faire la queue. Mais, si vous étiez attentif aux échanges des clients précédents avec le boucher et leurs commentaires sur les bons morceaux et sur les actions, vous aviez eu largement le temps votre tour venu de faire le choix de ce dont vous aviez besoin, et cela dans un environnement chaleureux et humain.

Aussi je pousse tout le monde à comprendre que refuser d’utiliser les caisses automatiques de paiement et les transactions automatiques, c’est faire pression pour redonner le moyen de revaloriser les échanges entre clients et vendeurs, de tenter de sauver les professions de la vente et redonner aux transactions marchandes leur dimension professionnelle, conviviale et humaine.

Mireille Aubert, Genève

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