Lecteurs

Il faut œuvrer ensemble

Claude Thüler réagit à l’article paru le jeudi 25 avril 2019 intitulé «Deux ans pour une place en crèche».
Petite enfance

Il est parfaitement compréhensible de présenter le «parcours du combattant» pour l’octroi d’une place en crèche lorsqu’ une famille a son premier enfant ou n’entre pas dans les critères de conciliation de la vie familiale avec la vie professionnelle. Pour donner un aperçu plus complet des acteurs qui en sont également impactés , il me semble important d’évoquer la réalité des directions contraintes de refuser des places alors qu’elles ne mettent pas en doute le bien-fondé de la demande et la situation de la famille.

Moi qui travaille dans leur proximité, je sais combien elles effectuent cette tâche avec rigueur, bienveillance et éthique. Je vois comme elles sont touchées de confirmer des refus devant le désarroi des parents. Je connais la complexité à laquelle elles doivent faire face pour développer une communication ajustée à chacun (et oui, parfois c’est l’incompréhension qui gagne…). Avec elles et les personnes qui travaillent pour le Bureau d’informations aux parents (BIP), nous nous engageons à parfaire ce dispositif pour qu’il soit équitable et respectueux. Je confirme que les pressions – quelles qu’elles soient – n’entrent pas en jeu car les places sont données aux familles lorsqu’il y en a, lorsqu’elles répondent aux critères et lorsque leur tour est arrivé.

J’aurai apprécié que les diverses stratégies développées par quelques parents soient évoquées, car les pressions diverses (courriers, menaces, engueulades, etc.) sont fréquentes. Même si elles peuvent se comprendre et sont acceptées au nom de l’inquiétude que représente cette attente, elles mériteraient d’être nommées, bien que ce soit compréhensible que chaque famille soit préoccupée en priorité par sa situation personnelle.

L’accueil de la petite enfance est affaire de responsabilités partagées entre:

– les instances politiques communales et cantonales qui, par des décisions démocratiques, contribuent à leur installation et à leur financement;
– les professionnels qui «font au mieux» dans un contexte tendu et hautement émotionnel;
– les familles qui, malgré l’attente et l’insécurité, prennent acte, qu’à ce jour la Constitution vaudoise ne place pas l’accueil en crèche comme un droit pour tous.

La route comporte encore bien des étapes avant que la société accorde gratuitement une place pour chaque enfant dont les parents en auront fait la demande. Ce faisant, il nous reste à œuvrer ensemble dans ce «parcours du combattant» avec la lucidité et la conscience que les attaques du particulier ont un effet contre-productif en vue d’une victoire qui, inévitablement, se forgera dans l’agir collectif.

Claude Thüler, secteur préscolaire, Ville de Lausanne

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