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Pas de compte à rendre

Bertrand de Rahm regrette une décision du Conseil des Etats prise le 12 mars.
Ethique

En refusant d’entrer en matière sur le contre-projet à l’initiative pour des multinationales responsables, le Conseil des Etats, suivant en cela les pressions de certaines entreprises sans scrupules, a estimé que les multinationales hébergées dans notre pays ne devaient pas avoir de compte à rendre sur les violations des droits humains et les dégâts graves à l’environnement dont leurs filiales à l’étranger se rendraient coupables. Et ce malgré le soutien au texte affiché par certaines grandes entreprises suisses qui, elles, ont déjà intégré à leur ADN la nécessité du respect de l’être humain et de l’environnement.

C’est une occasion historique que vient de laisser passer le Conseil des Etats. Après les scandales des fonds juifs en déshérence suite à l’Holocauste et de la collaboration économique entre notre pays et le régime d’apartheid en Afrique du Sud, le parlement a manqué l’occasion d’agir en légiférant sur cet objet hautement sensible, avant de devoir affronter le verdict impitoyable de l’histoire.

Dès lors, seule l’acceptation de l’initiative pour des multinationales responsables, texte raisonnable et modéré, permettra au peuple suisse de s’assurer que les entreprises hébergées par notre pays ne se rendent plus coupables, avec la complicité de nos autorités politiques, de violations des droits humains et d’atteintes graves à l’environnement.

Bertrand de Rham, Chavannes-près-Renens (VD)

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