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Billag rime avec racket

Yves Brutsch déplore que la redevance TV ne soit pas financée par l’impôt, proportionnel aux revenus.
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Parce que j’ai travaillé longtemps avec des réfugiés, et que je continue d’en accompagner certains dans leur quotidien, j’ai croisé de nombreuses personnes ces derniers temps, qui me demandaient les yeux pleins d’espoir: «c’est vrai qu’on va supprimer Billag?». J’ai dû les détromper, et d’ailleurs je viens de voter non à cette initiative mensongère. Mais il faut le comprendre, pour de multiples personnes au revenu modeste, Billag rime avec racket.

Comment a-t-on pu inventer une taxe de 451 francs pour tous, que l’on soit haut placé avec un salaire de plusieurs dizaines de milliers de francs par mois, ou «crève-la-dalle», travailleur pauvre ou assisté social au minimum vital?

Pour les laissés-pour-compte de notre société, qui n’ont pas de quoi sortir de chez eux, la TV est la seule distraction, la seule ouverture sur le monde. Alors il faut payer au prix fort, chaque trimestre un montant qui équivaut au quart de l’argent réservé à la nourriture, quitte à se serrer encore plus la ceinture. Payer et payer encore, sous la menace d’une amende de 5000 francs, même si on ne regarde que les TV étrangères, en albanais, en turc ou autre.

Oui, la télévision publique est un service public essentiel à notre vie sociale et au bon fonctionnement de notre démocratie. Mais alors, de grâce, que l’on fasse cesser le scandale du racket Billag pour les petits revenus. Un service public aussi essentiel, c’est l’impôt, proportionnel aux revenus de chacun, qui doit le financer.

Yves Brutsch, Genève

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