Militant insatiable pour la paix, contre la guerre, la fabrication et le commerce des armes, j’ai été maintes fois relégué par mes contradicteurs au pays de l’utopie. Ils pensent qu’il faut préparer la guerre pour préserver la paix. Malheureusement aujourd’hui une autre utopie se révèle cruellement: celle de croire que le monde va régler ses conflits par la force, la violence et le surarmement. L’actualité quotidienne nous en prouve la terrible contradiction. Il faut donc que chacun fasse son choix! Personnellement je préfère la première, moins chère (au détriment des marchands de canons et d’avions F-35), avec moins de souffrance, de morts et d’autres effets collatéraux. Je pousserais même vers une utopie réaliste: que la Suisse, pays privilégié, armé de sa neutralité, cesse de fabriquer et vendre des armes et congédie son armée dispendieuse. Il y a d’autres buts plus urgents et plus humains à poursuivre que de vendre des pièces d’armement que l’on retrouve, malgré de saintes précautions, dans tous les conflits armés du monde. Une utopie pacifique et exemplaire à portée de volonté politique.
Jean-Pierre Wenger,
Ferney Voltaire (F)