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A412: le saccage et les violences

Le 15 octobre, la Cour administrative d’appel de Lyon a rejeté la requête collective visant à suspendre les travaux de l’autoroute A412 dans le Chablais français, en attendant un jugement sur le fond. Pour le collectif StopA412, ce rejet «amplifie l’urgence» de renforcer la lutte contre ce projet autoroutier, déjà ciblée par «de violentes attaques de la part de l’Etat et du promoteur».
Autoroute

Le mouvement en cours démarré dans les lycées et la dernière mobilisation massive du 17 octobre ont illustré une fois de plus l’escalade de la violence de l’Etat français contre toute contestation sociale, allant jusqu’à des mutilations irréversibles. Cette violence n’est ni isolée ni nouvelle; elle est protéiforme et touche les citoyen·nes de manière différenciée. Dans les luttes écologistes et pour la défense de territoire, ces dernières années ont été marquées par une répression croissante, de Notre-Dame-des-Landes à l’A69, mais aussi par des épisodes dramatiques, comme les scènes traumatisantes de Sainte-Soline et la mort de Rémi Fraisse, tué par des gendarmes à Sivens en 2014. Dans ce contexte, la réponse policière à la mobilisation contre le démarrage du chantier de l’autoroute est inquiétante.

Depuis début septembre, le saccage de la forêt et les abus répétés du constructeur ont été largement documentés, et la résistance sur le terrain s’amplifie. Face à cette opposition légitime, l’Etat a déployé un contingent considérable de forces de l’ordre pour protéger à tout prix les intérêts d’Eiffage et de ses sous-traitants: plusieurs dizaines de gendarmes, des survols de drones quotidiens, des unités d’élite, près de 50 gardes à vue en sept semaines. On a aussi pu constater des violences manifestes: personnes traînées au sol, arrestations brutales, interventions sur des terrains privés, gaz lacrymogènes, mise en danger de personnes en hauteur et saisie de matériel de grimpe.

Au-delà des forces de l’ordre, c’est de la violence débridée du constructeur dont il est question. Le jeudi 10 septembre, près de Machilly, un conducteur a menacé directement les personnes présentes sur le chantier avec le bras de son abatteuse, sous les yeux des forces de l’ordre qui ne stoppent pas la machine. Dans les semaines qui suivent, d’autres engins jettent des troncs en direction de personnes mobilisées. Un cadre d’une entreprise du chantier énonce distinctement à un chauffeur, à propos des opposant·es face à eux: «Roule leur dessus!» – devant des forces de l’ordre complaisantes. Début octobre, alors que des militant·es pacifistes sont perché·es dans les arbres de façon visible, des abatteuses viennent couper les arbres à quelques mètres d’eux, leur envoyant des éclats et mettant directement leur vie en danger, au mépris de toutes les normes de sécurité pour la manœuvre de tels engins. A Mésinges, lors de la destruction d’une partie de la Chab’zad, une pelleteuse attaque une haie dans laquelle une personne est présente, au milieu des hurlements des proches et sans réaction des forces de l’ordre pourtant témoins de la scène.

Il ne s’agit pas d’actions isolées et individuelles. Ces actes relèvent de la responsabilité de l’Etat français et du concessionnaire, qui bafouent l’état de droit pour réaliser des travaux contestés le plus rapidement possible.

Ces dernières semaines, le silence complice de la plupart des élus locaux sur ces faits illustre parfois un manque de courage politique, parfois un soutien dogmatique au projet, et interroge également. En France, les maires ont pourtant une marge de manœuvre importante sur leur commune, notamment en ce qui concerne la sécurité des personnes. On pourrait donc légitimement attendre que nos représentant·es réagissent face à ces mises en danger volontaires.

Malgré une décision de justice défavorable, les violences et la répression, ce chantier ne fait que commencer et cette autoroute est loin d’être construite. Nous continuerons à lutter pour stopper ce projet inutile, écocidaire et anti-démocratique. Nous invitons l’ensemble de la population du bassin lémanique et d’ailleurs à nous rejoindre pour empêcher que notre territoire, mais aussi nos vies mêmes, soient attaqués et mis en danger pour des intérêts privés avec la complicité de l’Etat français et des autorités locales.

stopa412.org

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