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A412: «Plus de limites pour l’Etat et Eiffage»

A l’approche de l’audience clé du 14 octobre, le tracé de l’autoroute A412 est sous haute tension, sur fond d’évacuation de la Chab’ZAD à Mésinges. Alors que, côté suisse, la Ville de Genève et six communes du canton exigent à leur tour l’arrêt immédiat des travaux, le collectif haut-savoyard Stop A412 conteste, dans un communiqué émis hier, les méthodes des forces de l’ordre et du constructeur Eiffage, dénonçant une «mise en danger délibérée de militants non-violents».
Chablais

La journée du mercredi 7 octobre a marqué un pas supplémentaire vers la barbarie d’un chantier profondément dépassé par son époque. Malgré les recours déposés, le chantier se poursuit à marche forcée, même de nuit à certains endroits, au mépris des recommandations de l’Autorité Environnementale et des mesures de réduction pourtant comprises dans l’autorisation environnementale.

Depuis plusieurs jours, des «écureuils» se sont perchés dans la forêt de Planbois à Bons-en-Chablais, pour protéger ce lieu sensible, exiger le respect de la législation et des délais de recours ainsi que l’ouverture d’un dialogue avec la préfecture. Le 7 octobre, à 6h du matin, la quinzaine de personnes accompagnant au sol ces écureuils se sont vus encerclés et contraints dans leur liberté de mouvement par une quarantaine de gendarmes, flashball et gazeuse à la main. Cette base arrière de soutien se trouve pourtant sur un terrain privé hors emprise du projet A412 et donc tout à fait légal. L’intrusion de la gendarmerie et la nasse exercée à l’encontre des citoyens sont par contre totalement illégales.

Dans l’après-midi, la vie des écureuils a directement été mise en danger par les engins de chantier d’Eiffage avec l’aval des forces de l’ordre. En effet, les gendarmes ont délibérément permis à deux abatteuses de travailler à quelques mètres seulement des arbres où étaient présents les écureuils. Des arbres ont été coupés à moins de 5 mètres d’eux, projetant des éclats sur les grimpeur·ses et en prenant le risque que l’arbre tombe sur les militants engagés dans une action non-violente de protection de l’environnement. Pour rappel, la distance réglementaire de sécurité est comprise entre 70 et 90 mètres pour les manœuvres de telles machines.

Vers 17h30, à la suite du démantèlement du matériel de sécurité par la CNAMO [unité de la gendarmerie française spécialisée dans le décrochage en hauteur] à l’aide d’une nacelle, l’ensemble des forces de l’ordre et des effectifs du concessionnaire ont quitté les lieux. Les écureuils ont été laissés sur l’arbre qu’ils protégeaient avec seulement une corde et leur matériel d’assurage, les obligeant de nouveau à prendre des risques pour la redescente.

Ce chantier est émaillé d’irrégularités depuis son premier jour: non-respect des normes environnementales et de sécurité mais également multiples violations de propriétés privées qui sont documentées quotidiennement. L’audience du référé suspension aura lieu le 14 octobre à Lyon mais l’Etat a décidé de protéger les actions illégales du concessionnaire et même de permettre une accélération des travaux, bafouant l’état de droit. Nous dénonçons l’immoralité et l’irresponsabilité de l’Etat et de la société Eiffage dans la réalisation d’un projet qui ne fait que mettre en péril l’habitabilité de notre territoire.

stopa412.org