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Traquer les risques chimiques

Présente au sommet d’automne de l’E4S à l’EPFL, la militante française Camille Etienne a engagé un nouveau combat contre les PFAS. Le Dr Jean Martin relaie son alerte sanitaire.
Pfas

Jean MartinLe Centre Enterprise for Society (E4S), lié à l’université de Lausanne, l’EPFL et l’IMD, organisait le 17 septembre son 7e «Showcase – Impact Innovation Summit» d’automne sur le campus de l’EPFL. Parmi les invité·es de haut vol, la militante climatique Camille Etienne, autrice de Pour un soulèvement écologique (Seuil, 2023), a animé un atelier avant de donner un exposé en séance pleinière.

Lors de son intervention, Camille Etienne a mis en lumière un nouvel axe majeur de ses engagements, fruit de trois ans de recherches. Sensibilisée aux risques des substances chimiques de synthèse dans notre quotidien, elle a traité particulièrement des PFAS (les «polluants éternels»). Ses actions, menées en collaboration avec des scientifiques, des parlementaires et des médias, ont d’ailleurs contribué à l’adoption d’une loi sur les PFAS en France. La militante a pointé une faille systémique: les tests de toxicité des nouvelles molécules sont réalisés pour l’essentiel par l’industrie elle-même, faute de moyens des Etats et de l’UE pour assurer un suivi indépendant.

Face à ces potentiels «marchands de maladies», la difficulté majeure réside dans la preuve. Les substances étant massivement disséminées, identifier un producteur précis relève du défi. Des industriels jouent de cette complexité en exigeant la preuve irréfutable que c’est leur produit plutôt que celui d’un concurrent qui crée des problèmes, ou encore en rejetant la faute sur une mauvaise utilisation par le consommateur, tout en se protégeant derrière le secret industriel. De plus, le long délai d’apparition des atteintes à la santé humaine, animale ou environnementale vient compliquer l’action préventive.

Cette situation illustre les risques majeurs d’une exposition massive et mal maîtrisée à des substances chimiques de synthèse. Mises sur le marché sans réelles garanties de non-toxicité, ces molécules représentent un défi sanitaire dont l’actualité ne fera que croître.

Sans abandonner le climat, Camille Etienne et son association Avant l’orage dénoncent ainsi cette prolifération dans nos vies et nos organismes. Elle a annoncé être en phase de relecture de son prochain livre, intitulé Le facteur X. Ce titre fait référence au caractère encore mystérieux et mal identifié des risques sanitaires. Les identifier précisément pour mieux les éliminer: tel est l’immense chantier de recherche et d’action qui nous attend.

Jean Martin est médecin de santé publique, Echandens.