Les sécheresses ravagent les récoltes. La guerre en Ukraine perturbe les marchés céréaliers. Les tensions à Ormuz menacent l’accès aux intrants chimiques et au pétrole. Le Rhin presque à sec freine l’arrivée du carburant, du fourrage et des denrées alimentaires. Ces crises, symptômes d’un climat et d’un monde qui se délitent de manière croissante, voient les prix de l’alimentation exploser et notre sécurité d’approvisionnement chuter. Face à cela, l’initiative sur l’alimentation apporte une partie de la réponse.
En effet, elle vise à augmenter notre taux d’autoapprovisionnement de 45% à 70%. L’élevage bovin serait réservé aux zones montagneuses afin que les plaines puissent produire davantage de denrées végétales, plus sobres en espace. Nos exportations bovines diminueraient, voire deviendraient des importations, mais nos importations globales chuteraient fortement. Cette baisse limiterait notre sensibilité aux chocs mondiaux et notre dépendance aux transports en majorité alimentés au pétrole.
Contrairement à ce qu’affirment des infox, nous ne fonçons pas vers un diktat végane. L’initiative ne vise pas à imposer, mais à encourager davantage les protéines végétales, qui le sont déjà pour des raisons sanitaires et climatiques.
En outre, elle vise aussi à rendre notre agriculture plus durable et résistante au changement climatique. La gestion de l’eau serait améliorée, une nécessité en été. L’usage des intrants chimiques baisserait, pour plus d’indépendance, mais avant tout pour conserver la qualité des sols et la biodiversité indispensable à une alimentation soutenable à long terme.
Il faut voter oui pour garantir notre alimentation dans les prochaines années malgré les dérèglements climatiques et l’instabilité mondiale.