Le 27 septembre, il ne s’agit pas seulement de définir la neutralité dans un texte. Il s’agit de savoir quelle place la Suisse veut encore occuper dans un monde où les rapports de force prennent de plus en plus le pas sur la diplomatie.
La neutralité n’a jamais signifié l’indifférence. Elle a permis à notre pays de parler à des Etats qui ne se parlaient plus, d’offrir ses bons offices et, parfois, de créer un espace là où tout dialogue semblait impossible. C’est cette utilité-là qui devrait être au centre du débat.
Aujourd’hui, les conflits se multiplient, les sanctions s’accumulent et les blocs se reforment. L’Ukraine et la Palestine montrent chaque jour le prix humain de cette logique. Dans ce contexte, la Suisse ne devrait pas chercher à ressembler aux autres. Elle devrait au contraire préserver ce qui la rend encore particulière: sa capacité à garder une porte ouverte.
Genève, son histoire diplomatique, ses institutions internationales et le savoir-faire de nos diplomates constituent un capital considérable. Mais ce capital n’est pas garanti. Il s’est construit pendant des générations et peut se perdre rapidement.
Voter oui le 27 septembre, c’est donc choisir une Suisse qui ne se retire pas du monde, mais qui y agit autrement. Une Suisse qui parle quand les autres rompent le dialogue, qui accueille quand les autres ferment les portes et qui cherche un compromis lorsque chacun ne voit plus que la victoire de son propre camp.
Notre pays ne sera jamais une grande puissance militaire. Il peut en revanche redevenir une puissance de paix. Aujourd’hui, ce rôle redevient essentiel. Plus les relations internationales se durcissent, plus un pays capable de garder ses distances peut devenir utile.