En espérant que ce courrier parvienne aux responsables de Manotel et que ces lignes les amènent à se raviser dans leur funeste projet d’envoyer au royaume des pieux le seul arbre qui parvient à s’épanouir à la rue éponyme, j’adresse mes chaleureuses salutations aux Genevois qui ne manqueront pas de remercier les précités du surplus de chaleur apporté.
Bien sûr, je ne leur souhaite pas de se brûler avec leur café, ni d’ailleurs qu’ils ne se brûlent dans le désert qu’ils cherchent à créer, juste que leurs idées soient rafraîchies.
Malgré ces temps caniculaires où l’on commence à ressentir les conséquences du réchauffement climatique, la préservation du peu de verdure qu’il y a n’est pas encore une évidence. Si vraiment il n’y a pas d’autres possibilités et qu’il faut couper, pourquoi ne pas informer toutes les parties prenantes, par exemple les habitants des alentours, plutôt que de chercher à faire passer cela en catimini? Il conviendrait aussi de ne pas faire usage d’arguments fallacieux en brandissant des éléments que les «experts» ne mentionnent même pas, afin de parvenir à leur dessein. En effet, l’architecte assène que l’arbre menace l’étanchéité des fondations de l’hôtel Kipling, bâtisse la plus éloignée du feuillu, mais où – ô surprise – un projet immobilier est envisagé.
Permettez-moi de conclure avec un clin d’œil au Livre de la Jungle en demandant si un peu de jungle ne doit pas faire partie du nécessaire pour que l’on puisse être heureux. Sauvez ce Paulownia de son sursis.
Joël Fardel,
Chêne-Bougeries (GE)