Pejman Zare, un bahá’í résidant à Shiraz, a été arrêté le 15 mars après que des agents de sécurité ont fait irruption chez lui et fouillé son appartement, saisissant des effets personnels, des appareils électroniques et des livres religieux.
Pendant des semaines, sa famille n’a pratiquement reçu aucune information sur le lieu où il se trouvait ni sur son état. Bien que sa famille ait ensuite été invitée à verser une caution et qu’elle ait donné suite à cette demande, sa libération n’a pas eu lieu et de nouvelles accusations ont été ajoutées à son dossier.
Depuis le centre de quarantaine de la prison d’Adelabad à Shiraz, M. Zare a écrit le 7 juillet dernier une lettre à son fils Radvin à l’occasion du premier anniversaire de ce dernier.1> https://iranwire.com/en/news/154659-jailed-bahai-father-writes-birthday-letter-to-son-from-iran-prison/
«Aujourd’hui marque le quatre-vingt-douzième jour de ma détention injustifiée en raison de ma foi ba-há’íe et de mes efforts pour contribuer au progrès de mon pays natal, la terre sainte d’Iran», a-t-il écrit. «Depuis quatre-vingt-douze jours, tu es privé de la présence de ton père.» Mais il explique également que son absence est liée à un engagement plus large: «Notre objectif à tous, nous les Iraniens, est le progrès, le développement et la prospérité de notre pays bien-aimé. Un avenir radieux attend l’Iran, mais l’avenir n’est pas quelque chose que nous découvrons – c’est quelque chose que nous façonnons.»
Dans sa lettre, M. Zare écrit que chaque Iranien contribue d’une manière ou d’une autre à bâtir l’avenir du pays: «Certains par leur vie, d’autres par leurs biens, d’autres encore par leur emprisonnement, et d’autres enfin par leur dévouement et leur persévérance constructive.» Il confie à Radvin que même lui, son enfant, a «déjà payé» une partie de ce prix, puisqu’il a été privé de la présence de son père pendant quatre-vingt-douze jours.
Monsieur Zare termine sa lettre par une prière pour l’avenir de son enfant: qu’il grandisse «spirituellement, physiquement et émotionnellement», qu’il devienne «un véritable serviteur de l’humanité» et qu’il puisse un jour «connaître les bienfaits de la justice dans notre patrie sacrée, l’Iran».
Cette lettre offre un aperçu rare et douloureux du coût humain de la persécution continue des baha’is iraniens en faveur du service, du progrès et de la prospérité de leur pays natal.
Danièle Bianchi,
Genève
Notes