Skip to content

Le Courrier L'essentiel, autrement

Je m'abonne

Les enfants, une cible pour Israël

KEYSTONE
Israël 

En Cisjordanie, «tuer des enfants est devenu une affaire de routine», dénonce B’Tselem dans un rapport publié le 29 juin dernier1> Unshielded childhood: Palestinian Children and teenagers killed by Israel. Juin 2026.. Selon l’organisation israélienne de défense des droits humains, les soldats de l’Etat hébreu y ont abattu 235 mineur·es palestinien·nes depuis le 7 octobre 2023 – cinq autres ont été tué·es par des colons. Et le carnage continue: début juin, l’ONG a documenté le cas de Sam, un enfant palestinien de 7 mois, tué d’une balle en pleine tête dans les bras de sa maman à Hébron.

Loin de représenter des «bavures», ces enfances fauchées sont le fruit d’une politique délibérée, note le rapport. En garantissant une impunité presque totale à ses soldats, «le système donne, de fait, un permis de tuer», souligne Yuli Novak, directrice de B’Tselem. Ce n’est pas Avi Bluth, le chef du Commandement central de l’armée israélienne en Cisjordanie, qui la contredira: «Nous tuons comme nous n’avons pas tué depuis 1967», se réjouissait récemment le militaire, reconnaissant un «assouplissement des règles d’engagement» qui autorise le tir systématique sur des Palestinien·nes 2>Haaretz, 4 mai 2026..

Les meurtres d’enfants en Cisjordanie ne peuvent être dissociés du massacre de plus de 21 000 mineur·es palestinien·nes dans la bande de Gaza depuis octobre 2023, ajoute B’Tselem. Et de constater l’absence de remise en cause de cette politique criminelle au sein de société israélienne, démontrant «à quel point la déshumanisation des Palestiniens est allée loin».

Ce constat glaçant fait écho au dernier rapport de la Commission d’enquête indépendante des Nations unies sur Gaza, publié le 23 juin. Les expert·es y décrivent le ciblage délibéré des enfants dans l’enclave, qui est aussi «un des éléments clés permettant d’établir l’intention génocidaire des autorités et forces de sécurité israéliennes de détruire le groupe palestinien».

Comme le rappelle Yuli Novak, le massacre des enfants de Palestine serait impossible sans le blanc-seing accordé par la communauté internationale au gouvernement Netanyahou. Une impunité loin d’être remise en cause par les récentes sanctions annoncées par l’Union européenne, qui se limitent aux colons les plus extrémistes, épargnant l’Etat hébreu.

Dans ce contexte, les lueurs d’espoir sont à chercher, encore et toujours, au sein de la société civile. Une récente enquête du média israélo-palestinien +972 souligne ainsi les avancées du mouvement international appelant à désinvestir les obligations de l’Etat israélien – un élément-clé du financement de sa machine de guerre 3>https://www.972mag.com/israel-bonds-divestment-debt-economy. Une campagne à intensifier, en Suisse aussi.

Notes[+]