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Léon Meynet livre un récit des actions de Donald Trump à l’international.
Politique

Il ne s’agit plus là d’abattage dans les bordels militaires de campagne avec toutes les maladies vénériennes qui en découlaient en référence aux paroles de la chanson de Brel, mais d’une autre sorte de bordel, celui du monde et de son gestionnaire en chef fou, un certain Donald.

Il voulait acheter le Canada, puis le Groenland, avant de faire main basse sur le Venezuela. Mais ça n’a pas suffi à satisfaire ses ambitions de contrôle du pétrole mondial. Les mollahs et leurs gardiens de la révolution commençaient à lui courir sur le chou à force de nier le droit à l’existence du pays de son fidèle coquin de Bibi. Il pensait les mater en éliminant leur grand chef et quelques-uns de ses proches ministres et collaborateurs avec une bombe bien ciblée sur un QG secret repéré par le Mossad.

Manque de pot, les nombreux et illustres morts n’ont pas fait vaciller le régime d’un iota, ni provoquer contre lui un raz de marée populaire. Tout ne fonctionnait pas selon les règles militaires usuelles. Personne ne pouvait imaginer qu’une armée pouvait être en perpétuelle renaissance de ses cendres. De surcroît, elle a eu l’outrecuidance de fermer le détroit qui assure la circulation de la moitié des marchandises mondiales.

Empêtré dans ses doutes et ses échecs, Trump ne savait plus trop bien à quel saint se vouer jusqu’à cet accord très critiqué dans son pays.

Il pense se refaire la cerise sur une proie qu’il imagine plus facile: Cuba. Après l’avoir privée de toutes les ressources énergiques, sanitaires, alimentaires et touristiques nécessaires au bien vivre quotidien de la population. Dans sa mégalomanie d’investisseur immobilier, il se dit que ça pourrait être un coup à 100 millions de dollars qui rendrait les Cubain·es ­heureux·ses. Pour lui tout s’achète, même les consciences qu’il imagine faciles à corrompre. Il croit qu’il est attendu comme un messie descendant de son yacht porte-avion aux couleurs Coca, McDo, Starbucks sur les rivages de la perle des Caraïbes. Tout s’achète avec les produits made in USA et les dollars.

Il ne pense pas une minute qu’un peuple, héros d’une révolution exemplaire, à l’image de celle de Zapata, soit encore en capacité de lui résister. Et, s’il devait le faire, il saurait punir sans état d’âme ces ingrat·es qui l’empêchent de satisfaire son ego. N’a-t-il pas déjà à cette fin, avec la complicité des gangs, réquisitionné l’aéroport de Port-au-Prince pour prévoir d’y installer ses avions et ses troupes aéroportées? Rien ne doit contrecarrer ses plans, comme les cartes du black jack attestent des 21 points du gagnant. Mais que valent-ils vraiment ces points si ce n’est l’estimation truquée de son ex-casino de Las Vegas? Pas grand-chose et le coq, à force de se dresser sur ses ergots survitaminés, risque bien de perdre pied. C’est le meilleur salut qui puisse arriver à la paix du monde.

Léon Meynet, Chêne-Bougeries