Remontons à la fin du siècle, pas le dernier, l’avant-dernier. C’est à cette époque que sont arrivés, en ordre dispersé, des jeunes gens de France, d’Italie, de Bulgarie. Ils se sont installés en Suisse où ils se sont mariés. Eux ou leurs descendants sont devenus installateurs sanitaires, vignerons, artistes. Ils ont apporté à la Suisse talent et savoir-faire qui ont contribué à assurer à ce pays prospérité économique et paix sociale. Nous sommes leurs petites-filles.
La Suisse de l’époque savait ce que le mot «migrations» veut dire. Puisque, dans la première moitié de ce siècle, près d’un demi-milliard de ses ressortissants, fuyant pour la plupart la famine ou la misère, avaient dû s’expatrier aux Etats-Unis ou en Amérique latine. Plusieurs des habitants actuels de Nova Friburgo (Brésil) ou de New Glarus (USA) sont leurs descendants.
Il se trouve aussi que beaucoup de femmes et d’hommes politiques de notre pays portent ou ont porté un nom ou un prénom rappelant l’origine étrangère de leurs parents ou de l’un d’entre eux. Pour ne citer que Jacqueline de Quattro, Murat Julian Alder ou encore Nuria Gurrite. Personne ne saurait contester leur capacité à représenter la Suisse ou leur canton. On peut rappeler aussi que des personnalités d’origine africaine, nous pensons par exemple à Tilo Frey et à Ricardo Lumengo, ont été membres du Conseil national.
Les soussignées, en dépit de leurs origines, ont également été élues dans une instance cantonale ou fédérale. Elles osent espérer que leur engagement n’a pas été inutile. Et vous appellent à voter comme elles non à l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions».
Vesca Olsommer, ancienne députée au Grand Conseil (GE) et Gabrielle Nanchen-Straggiotti, ancienne conseillère-nationale (VS)