A l’heure où le terme d’Anthropocène est sur toutes les lèvres, il peut-être est temps de remettre les pendules à l’heure.
D’une part, la commission de stratigraphie de l’Union internationale de géologie a pour l’instant refusé l’application de ce mot à la cause des changements climatiques actuels affectant notre bonne vieille planète.
Par ailleurs, le vocable d’Anthropocène, qui signifie une ère marquée et surtout influencée par l’être humain, me paraît bien faible en rapport des dégâts occasionnés.
Pour ma part, je pense que le néologisme d’Arpaktikocène est plus approprié: il signifie l’«ère des prédateurs» ce qui semble s’appliquer à merveille à la rapacité humaine à travers les siècles qui s’est traduite par l’accaparement des terres, des mers, des animaux, des plantes et même de ses semblables.
La notion d’environnement est une mauvaise image plaquée sur un sous-entendu pernicieux tendant à faire croire que l’être humain est au centre du jeu, alors qu’il n’est que l’un des composants de la chaîne de la vie et pas plus important que les autres.
Cette ère des prédateurs s’est bien sûr illustrée brillamment lors des conquêtes ou des colonisations diverses au cours de l’histoire humaine, mais elle connaît vraisemblablement son apogée depuis que le capitalisme sauvage n’a plus d’opposition réelle dans le monde.
La Terre est désormais livrée aux appétits féroces de l’exploitation de ses ressources et des populations défavorisées n’ayant d’autre choix que de se soumettre à un esclavagisme moderne.
Quelle dérision de croire que nos timides initiatives visant à réduire notre empreinte carbone vont suffire à enrayer la marche en avant destructrice de notre ère prédatrice tant qu’il n’y a pas une réelle volonté, à la fois populaire et politique, de changement la perspective de notre avenir possible.
En bref, il n’y a pour le moment pas de motif de se réjouir du futur pour notre espèce qui est quand même la seule sur terre à envisager sérieusement son autodestruction avec une indifférence coupable.
Merci à vous lecteur de bien vouloir méditer calmement sur cette notion d’Arpaktikocène qui aggrave notre coresponsabilité, passive ou non, à la marche du monde menée tambour battant par des dirigeants mégalomanes, des financiers sans scrupules et des assassins sans âme.
Bernard Legler,
Genève