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Ensemble, ce 1er Mai

Le défilé du 1er Mai à Genève en 2025. KEYSTONE
1er Mai

Ce vendredi, les travailleurs et travailleuses sont à la fête. Façon de parler, tant il est vrai que le climat social est tendu et les rapports de force politiques désastreux. Le monde ouvrier prend conscience qu’une page s’est tournée: la paix du travail et le dialogue social sont certes encore invoqués, mais leur contenu s’effiloche. Les gains de productivité vont au capital, plus au travail. Et les coups de boutoir contre les conditions de travail se multiplient: le congé dominical est sans cesse attaqué, les initiatives pour instaurer un salaire plancher sont sapées par le Parlement fédéral, les professions à majorité féminines continuent d’être traitées avec un manque de sérieux évident, etc.

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La droitisation des parlements fédéraux et cantonaux se poursuit. Dernier exemple en date: le scrutin sur l’initiative xénophobe de l’UDC exigeant un blocage à 10 millions d’habitant·es de la population suisse risque d’être très serré. Le premier sondage Tamedia sur cet objet soumis au vote le 14 juin lui donne un petit avantage, avec 52% d’avis favorables.

Rien n’est bien sûr perdu: la campagne démarre et, généralement, le résultat final est en décrue. Reste que ce sondage doit inquiéter.

Le danger d’une frange – 20% – des Vert·es tentée par des pseudo-arguments environnementaux était identifié. En revanche, qu’une majorité de la base du Parti libéral-radical (PLR) soit favorable à 54% à ce texte d’extrême droite ne laisse pas d’étonner. Les milieux économiques, vent debout contre cette initiative, ne sont pas suivis. Visiblement, le PLR entre de plus en plus dans l’orbite de l’UDC et se reconnaît dans une Suisse repliée sur elle-même, sorte de Monaco pour riches, barricadée derrière des mesures protectionnistes dont on sait que les plus modestes en paieront le prix.

Il est donc crucial de s’y opposer résolument et d’appeler à la construction d’un discours autonome, de gauche, sur ces questions. Qu’il s’agisse du scrutin du 14 juin, mais aussi de la position syndicale par rapport aux Bilatérales III. Cela suppose la capacité à construire des rapports de force à même de garantir les fins de  mois – le critère déterminant pour les milieux modestes. A défaut, le risque est que ces catégories sociales se raccrochent aux chimères d’une Suisse retranchée sur son glacis pour y chercher une illusoire protection.

Le 1er Mai est l’occasion de mettre en avant des valeurs constituant un socle idéologique progressiste, à même de stopper ce risque: internationalisme plutôt que repli, solidarité plutôt qu’égoïsme, égalité de toutes et de tous plutôt que les hiérarchies quasi-féodales qui semblent régir nos sociétés. Bref, un rendez-vous à ne pas manquer.

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