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Orwell 2026: feu sur la science!

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Trump et sa mafia de milliardaires et politiciens néonazis corrompus et cyniques accélèrent la tendance du monde à devenir invivable sous l’effet du réchauffement qu’ils nient et intensifient par la guerre, l’extractivisme et la consommation irréfléchie d’énergie. Le tout pour l’enrichissement illimité et provisoire de quelques-uns, au prix de l’appauvrissement, de la misère, de la faim ou de la mort d’une part croissante des habitant·es du monde. Ce qui méprise et détruit les réalisations au fil des millénaires des justices, des éducations, des cultures, des recherches et des sciences. Ainsi se réalise, sur le terrain, le projet totalitaire que Georges Orwell décrivait dans son célèbre roman 1984, écrit en 1948.

Cet état des lieux n’est pas original, mais le livre1>Ben Ari, Tamara, Berné Olivier, Perez Tisserand Anne, Le moment orwellien, Seuil, 2026. de Tamara Ben Ari, Olivier Berné et Anne Pérez Tisserand qui le dresse l’argumente scientifiquement. Il s’appuie sur des références précises des faits évoqués et montre que, comme chez Orwell, la gouvernance trumpiste n’est pas faite d’improvisations d’un vieillard sénile mais constitue l’application d’un plan élaboré, basé sur le mensonge systématique au profit de la cause totalitaire et sur la négation des acquis sociaux qui pourraient l’entraver. La création d’un nouveau langage interdit ou dénature les concepts jugés hostiles; la réécriture de l’histoire en faveur du pouvoir nie tout ce qui le contrarie; et la pratique d’une «double pensée» permet au discours imposé d’échapper à toute cohérence.

Dans cette approche où justice, politique et libertés sont démantelées, le livre se focalise sur la science, la recherche et les universités. Des institutions dont les acteurs ont tardé à réaliser qu’elles étaient menacées, jusqu’à ce que Musk et Trump suppriment ou amputent les agences de financement et les moyens des recherches qui leur déplaisent. Ils interdisent les sujets qui les fâchent, comme climatologie, inégalités, diversité, génocide ou racisme – pour n’en citer que cinq sur la longue liste officielle de thèmes proscrits!

Ce qui se traduit par des dizaines de milliers de licenciements secs et inclut la destruction délibérée de bases de données climatologiques, météorologiques, médicales, historiques et sociales. La prévision de catastrophes à venir devient impossible et la recherche médicale est privée de données indispensables pour la gestion mondiale des épidémies, des vaccinations et des ressources médico-pharmaceutiques. Bilan garanti: des destructions massives hors conflits militaires et des millions de morts à l’échelle du globe, puisque les agences étasuniennes fermées géraient, le plus souvent, les données à l’échelle planétaire, sans avoir d’alternatives ailleurs.

C’est là qu’il convient de se remémorer la préhistoire capitaliste de ce moment orwellien et la manière déjà totalitaire dont le monde anglo-saxon et ses colonies européennes ont mis au pas par l’argent la recherche des pays occidentaux et de beaucoup d’autres: obligation de publier dans une langue étrangère et monopole d’une édition scientifique sans scrupules qui privilégie honteusement les institutions et auteurs de ses réseaux. Le tout prétendant à une «excellence» autoproclamée par les communiqués de presse de «prestigieuses» revues et d’institutions «évaluées» par le grotesque classement de Shangaï des universités, où l’argent pèse plus que l’intelligence

Le pire de cette gabegie pré-orwellienne est sans doute le fonctionnement d’une industrie pharmaceutique dont le but n’est pas de guérir les malades mais de payer des dividendes aux actionnaires, par un maximum de ventes au prix le plus élevé supporté par le marché. On lira avec intérêt Transformer le sang en or2>Vardi Nathan, Transformer le sang en or, Les Arènes, 2026. qui raconte, dans le cas précis des leucémies lymphoïdes chroniques, le peu de cas que les investisseurs en pharma font des patient·es et des chercheur·euses honnêtes. Bref, la science capitaliste se portait déjà mal, mais le trumpisme, si bien relayé en Europe, passe à la destruction frontale et massive!

Notes[+]

Chroniqueur énervant.

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