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Le monde à l’envers!

Daniel Künzi commente un de nos éditoriaux.
Réaction

Votre éditorialiste Julie Jeannet, le 23 février, s’indigne à juste titre des critiques du régime israélien à l’égard d’un journaliste de la RTS, Stefan Renna. Ce dernier avait mentionné qu’un bobeur israélien des Jeux olympiques d’hiver, Adam Edelman, affichait sans complexe son soutien à la politique guerrière israélienne.

Le service militaire étant obligatoire dans l’Etat hébreu, il est important de rappeler que tous les athlètes israéliens, les hommes comme les femmes, sont des guerrier·ères. Et comme le remarquait Metin Arditi, dans une interview qui lui a valu, comment dire, des critiques indignées de la part des sionistes: tous les israéliens participent à la terreur de la colonisation. Passées leurs années de service, les israéliens comme les israéliennes, sont affecté·es à la réserve. Ces réservistes ont justement été massivement mobilisé·es pour perpétrer le génocide, possible, à l’égard du peuple palestinien.

Rappelons que dans certains pays, des citoyens israéliens ont été interpellés pour leur éventuelle participation au génocide possible! A Genève, pour autant que je sache, le policier qui a participé à la guerre contre Gaza n’a pas été suspendu pour cette raison, mais pour son absence à son travail.

Le titre de votre édito «Ne pas tirer sur le messager» me rappelle bien entendu, une autre expression, «ne tirez pas sur le pianiste!». Et justement cela me mène à la situation musicale en Suisse. Fazil Say, pianiste turc virtuose, s’est vu annuler ses concerts au Victoria Hall comme partout en Suisse, car il a condamné la guerre d’Israël contre les Palestiniens. Cependant, Evgeny Kissin, pianiste lui aussi, qui possède le passeport israélien, et défend le régime de Netanyahu, se voit dérouler un tapis rouge chaque fois qu’il vient jouer au Festival de Verbier. Le monde à l’envers!
Un peu d’harmonie tout de même. Zubin Mehta, chef d’orchestre, qui a dirigé à de nombreuses reprises l’Orchestre symphonique d’Israël, refuse maintenant de lever sa baguette pour les musiciens d’Israël.

Daniel Künzi,
Genève