La population vaudoise est appelée le 8 mars prochain à choisir la personne qui remplacera l’ex-cheffe du Département de la santé et de l’action sociale, la socialiste Rebecca Ruiz, après sa démission surprise en novembre dernier. Un simple remplacement temporaire, en attendant les prochaines élections générales de mars 2027? Cette manière de relativiser a souvent été entendue ces dernières semaines. Pourtant, l’urgence est de faire barrage à l’UDC, représentée par la candidature de Jean-François Thuillard. Dans sa composition actuelle, le gouvernement vaudois navigue déjà avec quatre sièges sur sept occupés par la droite, dont trois PLR. Laisser entrer un udéciste au Conseil d’Etat serait un mauvais signal, à bien des égards, y compris au-delà des frontières cantonales.
Il est aussi temps de répondre au mépris affiché par ce Conseil d’Etat pour les services publics, avec sa décision l’automne dernier de les affaiblir par des coupes drastiques: comment ce gouvernement de droite a-t-il pu annoncer 24 millions d’économies dans le secteur hospitalier et 46 millions dans l’action sociale? Ceci, au moment où retentissait l’affaire scandaleuse du bouclier fiscal: plus de 500 millions de francs soustraits aux caisses du canton en raison d’une mauvaise application du bouclier fiscal pendant douze ans. Le tout, au profit des super-riches. De l’argent perdu à jamais.
Ce dysfonctionnement ruineux fait aujourd’hui l’objet d’une enquête auprès du Ministère public. Mais la droite de l’exécutif vaudois a tout fait ces derniers mois pour empêcher début 2026 l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur ce dossier. Et le remboursement rétroactif des centaines de millions volatilisés entre 2009 et 2021 semble désormais impossible. L’ancien ministre PLR Pascal Broulis, responsable des Finances au moment des faits, semble avoir disparu dans la nature et refuse de s’expliquer. Sa successeure de 2022 à 2025, la centriste Valérie Dittli, s’enfonce dans des versions contradictoires, ajoutant à l’ambiance délétère entre les ministres – qui à elle seule mériterait d’être rééquilibrée par un vote à gauche.
Alors que faire pour assurer un service public de la santé digne de ce nom? Trouver rapidement de l’argent ailleurs. Deux candidat·es à gauche de l’échiquier politique ont fixé cet objectif parmi leurs priorités de campagne. Pas Jean-François Thuillard, défenseur de l’initiative dite des 12%, réclamant une énième baisse de l’impôt sur le revenu et la fortune.
Le 8 mars, à la population vaudoise de décider, sur la lancée des mobilisations de contestation historiques qui ont rassemblé l’hiver dernier plus de 20’000 personnes dans les rues, et au pied du Château.