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La Suisse reste muette

Carol Scheller estime qu’un représentant de la Suisse sauve l’honneur du pays sur l’échelle internationale.
Gaza

Le silence accablant du gouvernement suisse face à la situation dans la bande de Gaza continue malgré des appels répétés de la population civile. On demande une prise de position publique pour un cessez-le-feu immédiat et l’acheminement de l’aide sans entrave. La population gazaouie se trouve face à la famine et la maladie pendant que les bombes continuent de tomber jour et nuit sur des maisons familiales. La Suisse, dépositaire des Conventions de Genève, qui garantissent entre autres la protection des civils et des hôpitaux civils lors d’un conflit, la Suisse réputée pour un pays attaché à la paix et aux droits humains, reste muette.

Il y a pourtant un représentant de la Suisse qui sauve l’honneur du pays sur l’échelle internationale. Il a donné une conférence de presse le 23 avril aux Nations unies à New York dans sa quatrième langue, brillement maîtrisée. Philippe Lazzarini disait l’espoir que son agence de l’UNRWA allait retrouver son soutien financier retiré par des pays donateurs, y compris la Suisse, suite à la lecture du rapport Colonna rendu public par l’ONU la veille. Il parlait de manière mesurée et calme en dépit des pressions énormes qui pèsent sur lui. Il écoutait les questions des journalistes avec compréhension et respect en répondant sans détour. M. Lazzarini évitait d’exprimer des jugements en disant sa confiance que l’UNRWA allait pouvoir continuer à remplir sa mission auprès des populations de réfugiés en Palestine, en Jordanie, au Liban et en Syrie. Il a plaidé pour «une empathie compatissante» («compassionate empathy» en anglais) pour les peuples de la Palestine et d’Israël, obligés de vivre ensemble. Pleinement conscient de l’urgence, il agit en conséquence.

Carol Scheller,
enseignante retraitée,
Chêne- Bougeries (GE)

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