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«Constituer une seule liste reste possible»

«L’unité électorale de la gauche combative est une évidence que nous défendrons jusqu’au bout.» En vue des prochaines élections cantonales, des candidat·es de la Liste d’union populaire (LUP) donnent leur vision d’une alliance électorale de la gauche de la gauche.
Genève

Comme l’écrivait Christiane Pasteur dans son édito du 8 janvier: «La défense des classes populaires ou encore la lutte pour la justice climatique commande [à la gauche de la gauche] de former une liste commune». C’est la position que nous défendons unanimement au sein de la Liste d’union populaire (LUP). Nos appels n’ont toutefois jusqu’ici pas trouvé d’écho favorable auprès des autres composantes d’Ensemble à gauche (EàG). Dans ce sens, le courrier de Tobia Schnebli (président du Parti du Travail – PdT) dans Le Courrier du 18 janvier, laisse poindre une lueur d’espoir. Espérons qu’il sera suivi.

La période de crise aiguë que nous vivons et les profondes divisions de la droite nous donnent l’opportunité de renforcer la gauche combative au Grand Conseil. Ensemble, nous avons joué un rôle décisif pour le salaire minimum, la défense des services publics et des prestations à la population, le maintien des conditions de retraite du public, la promotion d’une fiscalité redistributive, l’extension des droits démocratiques, l’égalité femmes-hommes, l’urgence climatique, etc. Notre présence au Grand Conseil a fait largement la différence.

Constituer une seule liste dans les deux semaines avant la date ultime de dépôt, le 6 février, reste possible. Elle pourrait s’intituler Ensemble à Gauche (PdT-SolidaritéS-DAL) – Liste d’union populaire, adopter une déclaration politique et une affiche communes, chacune des deux parties présentant 50 candidat·es (une liste peut en compter 100). Pour fonctionner démocratiquement après les élections, toutes les décisions importantes seraient prises en assemblée générale par les activistes qui l’ont soutenue, les partis pouvant garder toute leur indépendance. Enfin, l’indemnité fixe versée aux groupes parlementaires, soit 100 000 francs par an, serait partagée en deux, quel que soit le nombre d’élu·es de chaque «sous-liste».

Nous pourrions réfuter les reproches qui nous sont adressés par Tobia Schnebli dans sa tribune, mais n’entendons pas nous livrer à de vaines polémiques ici. Il suffira de rappeler que les député·es de la LUP ont toujours reversé 75% de leurs jetons de présence à l’association EàG-Grand Conseil; que le PdT, avec une seule élue, a toujours touché 35% de notre indemnité de groupe; enfin, que les tribunaux, saisis par EàG, n’ont donné raison à aucune des parties – leur décision sur le fond devant tomber après les élections, nous avons décidé unilatéralement, par gain de paix, de retirer les décisions contestées par la minorité des député·es.

Qu’est-ce que la LUP? Une liste électorale qui rassemble la grande majorité des élu·es d’EàG, signataires de cette tribune. Ils-elles ont décidé de travailler ensemble avec plusieurs dizaines d’activistes, issu·es du monde du travail, de syndicats et d’associations diverses, pour construire une force politique large, ouverte et démocratique, à gauche du Parti socialiste et des Vert·es. Cette liste est paritaire, compte plus de soixante noms et beaucoup de jeunes (dans l’hypothèse d’une fusion, plusieurs candidat·es seraient prêt·es à se retirer). Elle est soutenue par plus de 200 personnes.

Une alliance électorale de la gauche de la gauche ne peut se résumer à un cartel de trois formations qui, de fait, prétendraient à son exclusivité. L’existence de la LUP montre que cette vision écarte des forces considérables. C’est pourquoi nous proposons de fusionner nos listes dans les conditions politiques et matérielles énoncées ci-dessus, chaque partie renonçant à attaquer l’autre, mais pouvant évidemment mener campagne avec le matériel qu’elle a déjà élaboré.

Les coalitions électorales de la gauche de la gauche ont connu de nombreux déchirements depuis 1993, mais l’histoire de ces 30 dernières années a montré que seule l’unité permettait de garantir le quorum et de renforcer notre présence dans les parlements. Le PdT l’a appris à ses dépens, en 2020, en partant seul aux élections municipales, où sa liste a été éliminée. Nous ne devons pas répéter la même erreur aujourd’hui au niveau cantonal. Toute la gauche nous appelle à nous rassembler, de même que nos électrices et nos électeurs. Il en va des intérêts des milieux populaires. Il n’y a plus une minute à perdre.

Les signataires:

J. Batou, dép. EàG-LUP; O. Baud, dép. EàG-solidaritéS-LUP;
J. Burgermeister, dép. EàG-LUP, chef de groupe; P. Cruchon, dép. EàG-LUP; M. Granda, cons. municipale VdG EàG-LUP;
R. Pagani, dép. EàG-LUP; S. Prezioso, cons. nationale EàG-LUP; G. Sahin, cons. municipal EàG-LUP; A. Schmid, ex-cons. municipale EàG-LUP; P. Vanek, dép. EàG-LUP; S. Wenger, dép. PdT-EàG-LUP.

Opinions Agora Collectif Genève

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