Édito

Des enjeux à marteler

Des enjeux à marteler
Les oppressions qui touchent les femmes migrantes sont multiples et invisibilisées: violences et mutilations sexuelles, mariages forcés, précarités économiques. KEYSTONE
Grève des femmes

Travailler une année de plus alors que l’égalité est loin d’être assurée dans de très nombreux domaines? C’est un ‘non’ décidé qui résonnera aujourd’hui aux quatre coins du pays contre la réforme des retraites AVS 21, soumise au vote en septembre prochain. L’égalité est loin d’être assurée en matière de salaires, loin d’être assurée en matière de taux d’emploi.

Dimanche dernier, des femmes ont fait la grève du travail non rémunéré qu’elles assument en plus du travail salarié, bien souvent à temps partiel. Avec pour conséquence d’affaiblir encore leurs rentes et de plonger de trop nombreuses femmes dans la précarité à la retraite. D’autres outils que l’augmentation de l’âge de la retraite existent, de l’utilisation des réserves de la BNS à une meilleure répartition des richesses, en taxant le capital plutôt que le travail.

Le Courrier fait entendre de son côté la voix des femmes migrantes. Les oppressions qui les touchent sont multiples et invisibilisées: violences et mutilations sexuelles, mariages forcés, précarités économiques. Qu’elles soient requérantes d’asile ou femmes sans papiers, elles font les frais d’une politique migratoire pensée par et pour les hommes. Si la loi sur l’asile demande de tenir compte des motifs de fuite spécifiques aux femmes, les procédures ne respectent de fait pas suffisamment ces réalités. Lors des auditions, la parole des requérant·es est décrédibilisée à la moindre contradiction.

Or, les violences vécues par les femmes – souvent intimes – prennent du temps à être racontées et les traumas sont sources de confusion. Les routes de l’exil elles-mêmes sont particulièrement dangereuses pour les femmes, violences sexuelles et traite d’êtres humains sont documentées. La possibilité de demander à nouveau l’asile dans les ambassades, réclamée par maintes associations, a pourtant été rejetée en février par la commission des institutions politiques du Conseil des Etats. Quant aux personnes LGBTIQ+, elles risquent toujours la mort dans 11 pays et encourent le risque d’être emprisonnées entre huit et dix ans dans 57 pays. Et beaucoup d’autres nations ne prévoient pas de protection légale contre les discriminations homophobes ou transphobes.

Le 14 juin est l’occasion de le rappeler: les motifs d’asile liés au genre doivent être pris en compte au même titre que toute autre atteinte aux droits humains. Cette demande sera portée aujourd’hui comme les autres à travers la Suisse par les manifestant·es en violet. Que les politicien·nes ne se contentent pas de regarder passer le cortège mais qu’ils et elles y prêtent aussi l’oreille.

Opinions Édito Dominique Hartmann et Sophie Dupont Grève des femmes Femmes et asile

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