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Etrange collégialité

Jean-Jacques Maillard trouve choquant que ce soit Alain Berset qui ait appelé les citoyens, au nom du Conseil fédéral, à refuser l’initiative pour des entreprises responsables.
Multinationales responsables

Avez-vous aussi entendu, sur la RTS La 1ère, Monsieur Alain Berset appeler le peuple suisse à dire non à l’initiative pour des entreprises responsables et se rallier au contre-projet du Conseil fédéral? J’en suis resté stupéfait. Un socialiste! Issu du seul parti gouvernemental à soutenir unanimement cette initiative… Il parlait au nom du Conseil fédéral, bien entendu. Du coup le message devenait beaucoup plus consensuel que si l’appel avait émané de Madame Karin Keller-Sutter.

Je soupçonne même la Conseillère fédérale PLR de ne pas être étrangère au choix du porte-parole du gouvernement. Car il semble bien que Madame Keller-Sutter ait toujours été à la manœuvre lorsqu’il s’est agi de torpiller cette initiative. N’est-ce pas elle, déjà, l’instigatrice du contre-projet auquel le Conseil fédéral avait renoncé initialement? N’est-ce pas elle aussi qui, avec le concours du Conseil des Etats, a contribué à retarder la votation concernant cette initiative? N’est-ce pas elle encore qui a rédigé ce contre-projet alibi, sans contrainte aucune pour les multinationales? Ce contre-projet qui laisse aux multinationales le soin d’établir elles-mêmes les rapports… Enfin, n’est-ce pas elle qui a lancé sa campagne pour le non à l’initiative et le oui au contre-projet au moyen d’un argumentaire des plus douteux? Un tissu de mensonges et de contre-vérités dénoncés par le comité d’initiative et par M. Dick Marty en particulier.

Dès lors, son attitude par trop partisane ne lui donnait plus le crédit nécessaire pour faire cet appel au peuple au nom du Conseil fédéral. Il fallait donc trouver quelqu’un de plus «neutre», quelqu’un qui inspirait plus de confiance. Un Conseiller fédéral socialiste, par exemple?

Certes, dans l’histoire du Conseil fédéral, il y a eu quelques membres, rares, qui ont refusé de défendre un projet qui allait à l’encontre de leurs convictions. M. Berset n’est pas de ceux-là. Il est vrai que, le plus souvent, lorsqu’un socialiste devient Conseiller fédéral, il ne conserve de socialiste que sa carte de parti.

Jean-Jacques Maillard,
Genève

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