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Ne baissons pas les bras!

Christine Roth encourage les citoyens à combattre la précarité.
Société

Garderons-nous les bras baissés jusqu’à ce que l’humanité ne soit plus qu’un souvenir?

Si Stephan Essel a écrit Indignez-vous, ce n’est certainement pas pour qu’on en reste là, ni qu’on s’indigne silencieusement.

La Suisse est classée dans les pays les plus riches au monde. Sa population peut s’exprimer au moyen de votations, référendum, initiatives. Alors pourquoi n’échappons-nous pas à cette dramatique augmentation de la précarité? Les plus riches ont fait sécession: écoles, santé, transports privés, ils ne sont pas concernés par le reste de ­l’humanité.

Le système capitaliste a besoin de toujours plus d’argent pour son fonctionnement (baisse tendancielle du taux de profit). La concurrence pousse les entreprises à augmenter leur productivité en investissant davantage dans les moyens non humains au détriment du travail humain. Si l’ensemble des entreprises procèdent de la sorte, les conséquences seront désastreuses: Moins de salariés en poste, plus de chômage et des entreprises qui se retrouvent en surproduction. Au final, les prix baissent, le taux de profit chute. Ceci pousse les capitalistes dans les bras de la finance pour échapper à cette baisse et le système financier s’empresse de dévorer les secteurs moins organisés.

Du côté des travailleurs, il faudra travailler plus dur pour moins de salaire. Plus on est pauvre, moins on est capable de se défendre contre les abus. Nos gouvernements ne jouent pas leurs rôles de régulateurs. Au contraire, ils contribuent au pillage en transférant de vastes sommes des caisses de l’état vers le privé, en saignant au maximum les contribuables. Avec le coronavirus, il faudra payer cette dette démesurée en appauvrissant les services publics.

Le capitalisme va s’autodétruire, transformant la nature vivante en monceau de biens de consommation et les biens de consommation en capital inerte, avec une monstrueuse accumulation de déchets.

La seule issue est de prendre conscience de notre force. C’est à nous de décider comment nous organiser pour que nos institutions fonctionnent bien pour tous. L’histoire montre que rien n’a été aimablement offert, les acquis sont le fruit d’une lutte longue et acharnée pour obtenir le droit de vivre dignement.

Exigeons de nos autorités la mise en place d’une vraie politique écologique et sociale. Pour la santé, par exemple, il faut supprimer cette compétition entre les laboratoires suisses pour trouver un vaccin et gagner en efficacité grâce à la collaboration. Il faut aussi créer une sécurité du logement et une sécurité alimentaire.

L’Union des paysans, Ingénieurs sans frontière et Réseau salariat, en France, proposent une sécurité sociale de l’alimentation financée par une cotisation (comme l’AVS, employés/employeurs) pour permettre d’assurer une base de nourriture locale de qualité à toute la population au moyen d’un bon de 150 euros par personne et par mois. Ce qui permettrait d’acheter une nourriture saine et locale dans des magasins conventionnés. (Cela fonctionne déjà pour la santé avec les pharmacies). Soutenir nos paysans et prendre le chemin de la souveraineté alimentaire est urgent afin de sortir de cette situation qui dépend de la mondialisation, avec son cortège de transports inutiles, de pollution, d’exploitation des travailleurs, de délocalisations. Ne baissons pas les bras.

Christine Roth,
Bernex (GE)

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