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Acharnement

Nous publions ici une lettre qui a été adressée au sujet d’articles concernant le parti genevois Solidarités.
Réactions

Depuis quelque temps, j’ai l’impression que Le Courrier s’acharne contre le parti Solidarités de Genève, ce qui me fâche. Je ne suis pas membre de ce parti, mais il a mes sympathies. C’est un parti à gauche du Parti socialiste (PS) qui défend des valeurs très proches de celles du Courrier, me semble-t-il, et pourtant, on dirait que Le Courrier se complaît dans l’étalage des moindres faux-pas de Solidarités.

L’article de jeudi 16 janvier sur le domicile de M. Pierre Bayenet est un nouvel exemple de cet acharnement (ou devrais-je écrire «harcèlement»?). Vous consacrez une demi-page de notre précieux quotidien à insinuer que M. Bayenet ment sur son domicile! Ce qui ressemble à une tentative de le décrédibiliser aux yeux de ses potentiels électeurs-trices. Le canton de Genève étant de toute façon minuscule, vous faites une tempête dans un verre d’eau… De plus, avez-vous oublié les circonstances de l’élection de Mme Ruth Dreyfuss au Conseil fédéral?

Et tout cela pour quoi? Quels sont vos objectifs? Cette information vaut-elle une demi-page page de notre attention, politiquement parlant? Si au moins votre article était simplement factuel – c’est tout ce qu’on vous demande – mais M. Rachad Armanios se fait le porte-voix de Mme Maria Perez qui a, elle, un objectif très clair, celui de se faire élire. De ce fait, on a vraiment l’impression que Le Courrier a pris parti et cela ne va pas.

Je ne soutiens pas Le Courrier depuis bientôt trente ans pour y lire les discours de Mme Perez, ni d’ailleurs les comptes rendus de divorce conflictuel entre les membres d’une même organisation. En 2018 et en 2019, M. Armanios nous avait déjà largement informés des manquements d’un permanent de Solidarités vis-à-vis de son ex-collègue, comme si l’avenir de la République en dépendait et sans que nous ayons une seule chance de connaître le point de vue de ce permanent lui-même. Cette affaire-là étant close en juin 2019, nous avons eu droit en décembre dernier, de la part de M. Armanios toujours, à une autre demi-page sur des «tensions» à Solidarités. Je ne connais aucune organisation d’humains, de la taille de ce parti, qui ne soit le théâtre de tensions, de luttes de pouvoir, ouvertes ou dissimulées. Par ailleurs, je ne pense pas que la publication journalistique des problèmes internes à une organisation ait une quelconque utilité. Je ne parle pas des cas où des employés sont discriminés ou abusés par leur employeur ou leurs supérieurs. Je ne dis pas non plus que le journal ne devrait pas mentionner ces problèmes, j’en ai après l’importance que vous leur accordez. N’y a-t-il pas d’autres situations à dénoncer autrement plus importantes pour l’avenir de Genève et celui de la planète?

J’espère que vous réviserez votre ­sélection d’informations à diffuser et que dorénavant vous limiterez l’étalage des conflits entre gens de gauche que l’on ferait mieux d’inciter à travailler ­ensemble. De grâce, revenons au ­politique.

Michèle Goepfert,
Genève

Réponse

Plusieurs réactions sont parvenues à la rédaction à la suite de notre article du 13 décembre sur les remous internes à Solidarités-Genève et à celui du 15 janvier relatant la contestation de la candidature de Pierre Bayenet en Ville. Ces critiques font suite à d’autres qui déjà par le passé estimaient que Le Courrier accorde trop de place aux difficultés de ce mouvement politique et/ou à ses détracteurs.

Il convient de rappeler que la crise traversée depuis quelques années par Solidarités est loin d’être anodine. Son secrétariat a été miné par un grave conflit ayant abouti aux Prud’hommes; le groupe municipal d’Ensemble à gauche/Solidarités a été décimé: quatre élus sur six ont quitté le parti. D’anciens membres qui, pour certains, tentent aujourd’hui de s’opposer à la candidature de Pierre Bayenet à l’exécutif de la Ville…

On le voit, les problèmes internes de Solidarités ont eu un impact sur son travail politique. Parler des dysfonctionnements d’un parti qui brigue des responsabilités au niveau fédéral, cantonal et municipal s’inscrit clairement dans une mission d’information d’intérêt public et relève de la nécessaire transparence de la vie politique. Ils intéresseront d’autant plus les lecteurs que les questions soulevées (place des femmes, droit du travail…) sont au cœur des valeurs défendues tant par notre journal que par ce mouvement.

La corédaction en chef

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