Édito

Climat d’unité

Climat d'unité
Mardi à Berne, Strike for Future (Grève pour le futur) a annoncé la naissance d’un mouvement plus large, destiné à faire converger générations et luttes. KEYSTONE
Environnement

La maturité des jeunes grévistes du climat impressionne. Mardi à Berne, Strike for Future (Grève pour le futur) a annoncé la naissance d’un mouvement plus large, destiné à faire converger générations et luttes. Loin d’une révolte puérile où certains aimeraient les cantonner, les grévistes assument que le changement civilisationnel auquel ils aspirent se fera en s’alliant à d’autres acteurs sociaux dont les objectifs peuvent et doivent s’accorder. Sans pour autant renoncer à leur radicalité, comme le souligne l’appel à la grève générale climatique pour le 15 mai 2020.

N’en déplaise à ceux qui ne voient qu’un mouvement manipulé par une adolescente suédoise, l’intelligence collective des «grévistes» s’est déjà exprimée à plusieurs reprises. Ainsi ce week-end à Genève, lorsqu’ils ont rappelé au côté des ONG et des syndicats internationaux que le monde durable demeurerait une chimère si l’on ne bridait pas les appétits des multinationales.

Le désir d’alliance avec les salariés est stratégique. Sans prise en compte de la justice sociale, le combat climatique sera en peine de mobiliser les couches populaires. On l’a vu en France avec les gilets jaunes, on le reverra ailleurs. Mais la convergence va bien au-delà de ces calculs. Si le mouvement écologiste doit épouser les causes sociales et féministes, c’est que leurs adversaires sont communs: patriarcat et exploitation. La domination sans partage sur la nature renvoie à celles exercées au sein de l’espèce humaine, y compris à l’égard des futures générations.

L’ennemi est aisément identifiable: sa pensée économique agit de même devant le travail invisible des femmes, la résilience sociale et la nature. Pour le capitalisme, il s’agit là de ressources inépuisables, gratuites, à disposition sans même nécessité de les intégrer au modèle théorique…

Profonde, urgente, la crise environnementale n’autorise pas de réponses à la marge, solutions techniques ou gestionnaires. Elle nous impose de trouver une alternative globale, un autre modèle de développement, qui ne consiste pas à faire miroiter l’hyper-consommation pour tous. Elle implique que nous affrontions la crise ensemble, et non en se divisant en groupes sociaux, en travailleurs et pays concurrents.

La grande manifestation climatique du 28 septembre, l’une des plus importantes de l’histoire suisse, et l’incroyable succès de la Grève des femmes du 14 juin sont autant de signes d’une réelle prise de conscience. A confirmer le 15 mai 2020.

Opinions Édito Benito Perez Environnement

Dossier Complet

La grève du climat

jeudi 28 novembre 2019
Depuis le début de l’année, en Suisse et ailleurs en Europe, les jeunes se mobilisent suite à l’appel de la jeune Suédoise Greta Thunberg à faire la «grève du climat».

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