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Aucun respect pour la dignité humaine

Yves Brutsch commente un article sur le parcours d’une requérante camerounaise menacée de renvoi.
Asile

Ce que j’ai lu le 8 mars dans l’édition du Courrier consacré à la Journée de la Femme est à vomir. Comment le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) ose-t-il dire qu’il applique le «règlement Dublin» pour expliquer son refus de renoncer au renvoi sur l’Italie d’une Camerounaise qui a vécu les pires horreurs et de ses deux enfants en bas âge?

Le texte du «règlement Dublin» affirme noir sur blanc, dans ses considérants initiaux: «Il importe que tout Etat membre puisse déroger aux critères de responsabilité, notamment pour des motifs humanitaires et de compassion.». Sur cette base, l’art. 17 du même règlement donne un pouvoir discrétionnaire à tout Etat pour ne pas effectuer de renvoi vers le premier Etat de passage dans l’espace Schengen.

Si cette femme et ses enfants sont renvoyés en Italie (un pays débordé par l’afflux et qui ne peux pas accueillir dignement les demandeurs d’asile), ce n’est pas parce que «le règlement c’est le règlement». C’est uniquement parce qu’il y a à Berne, au SEM, dans le département dirigé par Madame Sommaruga, des personnes qui ont perdu leur âme, au point de ne même pas respecter la dignité humaine.

Demain hélas, on ne parlera plus guère de ce genre de cas. La nouvelle loi adoptée en juin 2016 (avec la complicité de nombreux «défenseurs de l’asile» abusés par des promesses fallacieuses d’«accélération» des procédures et de «conseils juridiques») a tout prévu pour que les choses se passent à l’avenir à l’abri des regards, dans des centres de procédure fédéraux.

Yves Brutsch, Genève

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