Chroniques

Trente ans au service de l’engagement des jeunes pour les droits humains… et après?

Faciliter et promouvoir l’action des jeunes en faveur des droits humains, telle est la mission du Codap, à Genève. Trentenaire, l’association fait le point sur les stratégies à mettre en place pour pérenniser ses savoir-faire.
Formation

C’est une vieille et belle histoire qui continue d’être écrite par des jeunes. Le Centre de conseils et d’appui pour les jeunes en matière de droits de l’homme (Codap) souffle cette année ses trente bougies. Née en 1986 à l’initiative d’anciens collégiens genevois actifs dans les groupes «Le Pavé», cette association mobilise son énergie dans le soutien, le renforcement et la promotion d’initiatives menées par des jeunes dans le domaine des droits humains, en Suisse comme à l’international. Aujourd’hui, elle fait face à une question qui l’amène à un tournant: comment capitaliser cette expérience et continuer de fournir un appui aux jeunes par les jeunes alors que l’équipe se renouvelle en moyenne tous les trois ans ?

En trente ans, l’association s’est affirmée comme un lieu de rencontre et de formation pour les jeunes, un point d’entrée dans la Genève des droits humains et un véritable catalyseur de projets de terrain. ONG centrée sur les jeunes et leur autonomisation, elle se caractérise par des rapports humains et de solidarité particulièrement forts. Le projet perdure mais les générations passent. A chaque changement d’équipe, c’est toute une partie de l’expérience et des contacts qui s’en vont. Conséquences: une tendance à réinventer la roue qui, certes, laisse place à la créativité mais qui entraîne également une perte d’énergie et d’efficacité importante.

Arrêt sur image
Partant de ce constat, le Codap a décidé de mener cette année une auto-évaluation. Objectif: mieux comprendre son impact sur les jeunes, repenser son identité, sa mission et sa stratégie. Groupes de travail, réunions et questionnaires ont été mis sur pied jusqu’à des heures tardives. Au final, ce sont plus d’une quinzaine de personnes qui ont été mobilisées, quatre questionnaires constitués et près d’une centaine de personnes interrogées. Il en résulte une photographie du Codap aujourd’hui, mettant en évidence ses forces et ses faiblesses. D’un côté, des formations adaptées et participatives qui facilitent la prise de responsabilités des jeunes et la réalisation de projets. Un travail qui a d’ailleurs été mis en valeur par l’attribution du Prix des droits humains par Le Courrier en 2012. De l’autre, un manque de moyens et de stratégie pour le suivi des actions menées et la mise en réseau des jeunes. Autant de pistes que nous voulons explorer pour renforcer l’impact de nos actions.

Cet été sera donc placé sous le signe des remises en question et de la constitution d’un plan stratégique pour la rentrée, de sorte à transmettre le résultat de cette expérience aux générations suivantes. Ce processus s’accompagnera d’un effort pour chercher de nouveaux financements, tant au niveau public que privé.
Cette réflexion sur le fond ne nous fait pourtant pas oublier notre mission de base: faciliter et promouvoir l’action des jeunes en faveur des droits humains. Et les points chauds pour l’automne ne manqueront pas. Panel de discussion sur les jeunes et les droits humains au Conseil des droits de l’homme en septembre, puis soutien à de jeunes militants moldaves et togolais pour partager leurs propositions de solutions dans le cadre de l’Examen périodique universel de l’ONU. Une formation de deux jours pour les jeunes de la région et une fête des 30 ans ouverte au public compléteront le programme en novembre.

*Coordinateurs au Codap, association membre de la NAC.

Opinions Chroniques Cédric Chatelanat et Alexandra Yosef Formation

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