Le mouvement social ne faiblit pas en France. Au contraire. Jeudi, le jour de grève et de convergence entre lycéen·nes, étudiant·es, retraité·es et syndicats a été massivement suivi. Entre 600 000 personnes (chiffres du Ministère de l’intérieur) et 1,6 million de personnes (selon la CGT) se sont mobilisées.
La fin de mandat d’Emmanuel Macron prend de plus en plus des allures crépusculaires. Sans majorité parlementaire (son budget a été refusé mercredi par l’Assemblée nationale), sans boussole, sa famille politique suit une pente mortifère. Avec une radicalisation de ses pratiques répressives, une dérive autoritaire et des propos flattant l’extrême droite.
Les institutions françaises sont à bout de souffle. A court terme, les regards sont bien sûr braqués sur la présidentielle 2027. A gauche, Jean-Luc Mélenchon prend de plus en plus le leadership. Hier, la majorité du groupe communiste à la chambre basse a décidé de lâcher Fabien Roussel, le candidat-maison du PC, au profit du leader de La France insoumise (LFI), augmentant les chances d’un vote-barrage contre l’extrême droite, qui reste en embuscade.
Sur le long terme, en revanche, une sortie de crise implique la tenue d’une promesse électorale de LFI: une Assemblée constituante pour réinventer un fonctionnement de l’Etat qui ne permette plus d’ignorer les revendications et les besoins d’une immense majorité de la population au profit des 1% les plus riches, qui se sont gavés durant les deux mandats d’Emmanuel Macron.
Vaste programme, aurait pu dire Charles de Gaulle, pour qui cette Constitution et son régime présidentiel avaient été taillés sur mesure.