Genevoise d’adoption, la résistante et déportée française Noëlla Rouget est née à Saumur le 25 décembre 1919. Elle s’engage dans la résistance à Angers, où elle sera arrêtée en 1943, avant d’être déportée à Ravensbrück le 31 janvier 1944. Après sa libération en avril 1945 et son retour en France, elle vient en convalescence en automne de la même année à Château-d’Œx, où elle rencontre le Genevois André Rouget qu’elle épousera en 1947. Elle passera le reste de sa vie à Genève, jusqu’à son décès le 20 novembre 2020. Dès la fin des années 80, elle témoignera inlassablement de sa déportation dans les écoles genevoises et de France voisine. Elle est aussi connue pour avoir demandé, par humanisme, la grâce de son bourreau, le collabo Jacques Vasseur. Elle repose désormais au cimetière des Rois, récemment rejointe par son mari.
Au lendemain même du décès de Noëlla, Anne Emery-Torracinta, alors cheffe du Département de l’instruction publique de la République et canton de Genève, lançait l’idée de donner, en reconnaissance de son action auprès des jeunes, le nom Noëlla-Rouget à une école encore en projet. Le 7 juillet 2021, le Conseil d’Etat de la République et canton de Genève validait cette dénomination.
Conçu par le bureau d’architectes GDAP et répondant à des normes environnementales strictes, ce nouvel établissement scolaire d’envergure accueillera quelque 1400 élèves et 200 membres de l’encadrement dès la rentrée 2029. Il réunira notamment le collège, l’école de culture générale et plusieurs formations professionnelles au sein d’un même campus, ouvert sur la ville de Meyrin, avec en particulier une salle omnisports et un parc public.
Ayant comme maître de cérémonie, Francesco Della Casa, architecte cantonal, la manifestation a vu s’exprimer l’architecte Gonzalo Martinez, Nicolas Walder, conseiller d’Etat chargé du Département du territoire, Anne Hiltpold, conseillère d’Etat chargée du Département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse, et Xhevrie Osmani, maire de Meyrin. Rejointes par Patrick et François Rouget (fils de Noëlla), toutes ces personnes ont signé un parchemin qui a été inséré dans une capsule inoxydable, avec un exemplaire d’un journal du jour et une brève biographie de Noëlla Rouget. Cette capsule a été ensuite insérée dans la pierre première (Francesco Della Casa dixit) et recouverte de ciment par les personnalités susnommées, ainsi que Lucile Rouget, petite fille de Noëlla et des membres de l’Association Noëlla-Rouget.
A la rentrée 2029, c’est toute une communauté scolaire qui s’installera dans ce bâtiment et découvrira l’histoire hors du commun de Noëlla Rouget.
Éric Monnier,
membre du comité de l’Association Noëlla-Rouget