La Genferei, cette cérémonie burlesque de la gent journalistique visant à primer la meilleure bourde politique de l’année, renaît de ses cendres. Il y a six ans, le comité occulte qui présidait aux destinées du prix avait accompli son dernier tour de piste.
La relève tardait à émerger. C’est désormais chose faite. Une nouvelle camarilla de Jeunes Turcs et Jeunes Turques a organisé jeudi dernier, sur le Bateau Genève, une édition de cette revue genevoise en off. Avec une lauréate au terme des joutes oratoires. C’est la conseillère d’Etat Carole-Anne Kast qui remporte le pompon.
Est récompensé son accomplissement dans le dossier No G7, entrave au droit de manifester, en tant que «violation de l’esprit de Calvin». Rappelons que la gestion de la manifestation par les forces de l’ordre – ou plutôt du désordre, dans ce cas – a été qualifiée de «proche de la perfection» par la magistrate. Les quelque 500 personnes nassées jusqu’à potron-minet et priées d’uriner sous surveillance policière comme un vulgaire greffier dans sa caisse à copeaux en jugeront sans doute autrement.
La candidature de Carole-Anne Kast a été défendue par la journaliste de la RTS Cécilia Mendoza qui a invoqué les mânes de Calvin, rien que ça, pour défendre les couleurs de sa championne. Celle-ci l’a donc emporté devant la loi burkini et le pavillon Sicli avec son expo Simone Weil partie en botellón.
La lauréate a fait savoir hier qu’elle accepterait le prix, tenant toutefois à le partager avec la coalition No G7, les milieux économiques, les médias et les black blocs pour leur contribution. Rappelons que seul Pierre Maudet avait poussé la bouderie jusqu’à refuser cette auguste récompense, à savoir une feuille dorée sur la tranche du marronnier fou de la Treille, celui-là même qui annonce le printemps avant tout le monde.