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Israël et la FIFA pointés du doigt

La Suisse met les pieds dans une région explosive avec ces projets de mini-terrains. D’autant que la FIFA et Israël sont au centre de polémiques.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) ne souhaite pas préciser où les mini-terrains doivent être implantés. Mais selon des documents consultés par la RTS, les deux premiers sont situés à Tulkarem (nord de la Cisjordanie) et à Wadi Al-Nis (dans le sud). Le projet a pris du retard avec la situation sécuritaire, mais les huit autres sites devraient être terminés l’an prochain.

Selon l’ONU et les médias locaux, la région de Tulkarem et ses environs sont cette année le théâtre d’attaques de colons contre des bergers palestiniens ainsi que de déplacements de réfugiés. Cela après l’extension des mesures militaires et la découverte par l’armée israélienne d’une fabrique de bombes artisanales. Au-delà de la sécurité, le projet devra aussi assurer sa viabilité à long terme, estime Connor Spreng, chez l’ONG SA4D.

«Nous devons nous interroger sur les droits de propriété à long terme et sur l’implication de la communauté pour éviter que les terrains ne soient abandonnés. Qui est en charge des réparations (par exemple, ndlr)?» Le DFAE répond qu’autorités locales et fédérations nationales de football veilleront à la pérennité et au suivi du programme.

Partenaire de la Suisse dans ce projet, la FIFA est elle-même au centre d’une controverse dans la région. En février, une coalition d’organisations s’en est prise à son patron, Gianni Infantino, dans une plainte pénale introduite devant la Cour pénale internationale (CPI). Elles l’accusent de complicité de crimes de guerre et crimes contre l’humanité en autorisant des clubs de football israéliens «basés dans des colonies illégales situées en territoire palestinien occupé» à participer aux championnats de l’Etat hébreu, soutien financier à l’appui.

Ces organisations estiment que cette pratique «légitime l’occupation illégale de la Palestine par Israël». Elles notent que les Palestiniens sont exclus de ces clubs, autant comme spectateurs que comme joueurs ou managers. En mars, la FIFA a infligé une amende de 150’000 francs à la Fédération israélienne de football pour racisme et discrimination, à la suite de plaintes déposées par la Fédération palestinienne de football. Mais elle a refusé d’imposer des sanctions aux clubs des colonies, arguant que «le statut juridique définitif de la Cisjordanie reste une question non résolue (…) selon le droit international public».

Israël soutient qu’il s’agit de territoires contestés, mais la Cour internationale de justice et l’essentiel de la communauté internationale considère les colonies israéliennes comme illégales au regard du droit international. Interrogé sur ces plaintes, le DFAE se refuse à tout commentaire au sujet des décisions de l’instance dirigeante du football, mais dit «saluer tous les efforts visant à éliminer le racisme et les autres formes de discrimination». La FIFA n’a pas répondu aux questions de Swissinfo. SWISSINFO