Contrairement à ce que laisse croire cette brève, la pétition n’a pas été lancée par des communes, mais seulement par quelques politicien·nes de l’Ouest lausannois, essentiellement à la droite de l’échiquier.
En effet, l’intégralité des communes de l’ouest lausannois, de même que le chef-lieu, a approuvé le projet de requalification de l’autoroute entre Ecublens et Lausanne, que la pétition semble combattre. Ce projet, dont on peut voir un aperçu sur le site du bureau d’urbanisme, a également reçu un accueil favorable de la part du Canton et vient d’être présenté à l’Office fédéral des routes.
Le texte de la pétition en lui-même est trompeur: il ne s’agit pas d’être contre les bouchons (d’ailleurs, qui serait favorable aux bouchons? On ne voit pas bien), mais de se positionner pour un projet dépassé, celui de la jonction initialement prévue à Chavannes. Et donc contre son alternative apaisée, qui permet elle aussi de lutter contre l’engorgement de trafic, mais dans le respect des habitant·es et de l’environnement. Sur cet enjeu, la pétition se contente de mentionner le fait que «la nouvelle jonction de Chavannes fait face à des oppositions et compromet l’ensemble du projet». Ainsi, il faut lire entre les lignes pour découvrir l’intention des pétitionnaires: forcer une collectivité publique à accepter un projet dont elle ne veut pas, pas plus que la société civile qui a déjà obtenu de la Confédération le retrait d’un premier projet.
Je regrette que Le Courrier se contente de relayer une dépêche d’agence de presse, sans se pencher davantage sur son contenu et sur le contexte.
Bertrand de Rham,
membre de l’association bien vivre à Chavannes – abac 1022