«Les Sinéphiles sont invités à rendre hommage à Siné, dessinateur, homme de presse, trublion, amateur de belle vie, le 6 mai à 14h au cimetière Montmartre à Paris. Entrée libre et joyeuse.» L’appel lancé sur les réseaux nous rappelle que Siné a raccroché les gants il y a dix ans, le 5 mai 2016, à 87 ans.
Illustrateur hors pair et satiriste redouté, anticlérical et antimilitariste, soutien des luttes de libération, Maurice Sinet, alias Siné, a marqué de sa griffe la presse satirique française. Fondateur de Siné Massacre (1962), L’Enragé (1968), il est de l’aventure de Hara-Kiri et Charlie Hebdo, avant d’être viré de Charlie en 2008 lors d’une polémique emblématique de la fracture entre gauches de rupture et social-démocrate. Il lance dans la foulée Siné Hebdo, devenu mensuel en 2011, repris par sa veuve, Catherine Sinet, jusqu’à ce que que le journal satirique ne soit contraint à mettre la clé sous la porte en mars 2025. Dire qu’il manque est un euphémisme.