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Une claque pour les soignant·es

KEYSTONE
Soins infirmiers

C’est une claque de plus pour le personnel de santé. Mardi, le Conseil national a encore empiré le projet de Loi fédérale sur les conditions de travail dans le domaine des soins infirmiers (LCTSI), proposé par le Conseil fédéral 1>Lire notre édition du 28 avril 2026. L’affront est aussi symbolique: le 28 avril marquait en effet la Journée internationale pour la santé et la sécurité au travail.

Cela fait pourtant des années que syndicats et associations professionnelles dénoncent la dégradation brutale des conditions de travail des salarié·es de la santé. Conséquence de la privatisation rampante du secteur, cette évolution met en danger la santé d’un personnel épuisé. Elle menace aussi l’ensemble du service public des soins, frappé par une hémorragie de professionnel·es qualifié·es.

La population est consciente des enjeux. En 2021, en pleine pandémie de Covid-19, elle plébiscitait à 61% l’initiative «pour des soins infirmiers forts». Lancé par l’Association suisse des infirmières (ASI), le texte visait à encourager la formation du personnel, mais aussi à améliorer ses conditions de travail et de rémunération. Le premier volet du texte a été mis en place rapidement. Pour le second, en revanche, le Conseil fédéral a traîné les pieds. Il lui a fallu pas moins de quatre ans pour concocter un projet de loi, totalement minimaliste 2>Lire notre édition du 19 septembre 2025.

Vivement critiquée par les syndicats, la LCTSI ne prévoit en effet aucune amélioration des dotations en personnel – un point clé pour le bien-être des salarié·es comme pour celui des patient·es. Elle n’inclut pas d’avancée conséquente en matière de conditions de travail, «oublie» la question des salaires et ne propose rien en matière de financement. «Le Conseil fédéral laisse tomber les infirmières», résumait l’ASI en découvrant le projet de loi.

Au lieu de rectifier le tir, le National, PLR et UDC en tête, a encore durci le texte – aiguillonné par les employeurs du secteur. Ce verdict est une nouvelle insulte aux dizaines de milliers de professionnel·les qui prennent soin de la population au péril de leur santé.

La balle est désormais dans le camp du Conseil des Etats, lui aussi dominé par la droite. Mais face au profond mépris manifesté par la majorité bourgeoise, seule une large mobilisation du secteur sera capable d’inverser la donne. La grève féministe de juin 2027 pourrait constituer une étape importante dans ce sens.

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