Le Burundi n’est pas un pays sûr. «La situation des droits humains dans le pays se détériore de jour en jour.» Ce n’est pas nous qui le disons, mais un membre de la communauté burundaise réfugié en Suisse, qui dénonce les disparitions forcées, la répression et l’impunité dans son pays d’origine. Constat corroboré par Amnesty International, et Human Rights Watch dont le dernier rapport mondial affirme: «En 2025, l’espace politique du Burundi a été marqué par une détérioration des conditions des droits humains à mesure que le parti au pouvoir a continué de consolider son contrôle.»
Cela n’empêche pas la Suisse de juger acceptable et conforme au droit le renvoi de six requérant·es d’asile, sur le point d’être expulsé·es selon nos informations. Des renvois forcés, bien sûr. Ce qui signifie un «vol spécial» affrété pour l’occasion, des passagers et passagères potentiellement entravé·es, et un encadrement policier. Circulez, aucun «risque de persécution pertinent au sens de la loi sur l’asile», jure l’administration fédérale.
Que faire, quand les intéressé·es craignent pour leur vie? C’est le cas de l’un d’entre eux, à qui nous avons pu parler. Considéré comme une menace pour la sécurité de l’Etat burundais, il a eu le malheur de fuir le régime et de participer à une manifestation en Suisse. Caméras et réseaux sociaux aidant, les images ont à coup sûr été vues au pays. Qui peut, dès lors, garantir que tout ira bien une fois l’expulsion accomplie et le dossier classé? La Suisse s’en lave les mains.
Et la gauche institutionnelle, il faut bien le dire, a baissé les bras face aux offensives incessantes contre l’asile menées par l’UDC et ses alliés. Reste la société civile et son indispensable mobilisation.