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La non-violence est une solution

Christian Brunier estime que les moyens d’action non-violente peuvent être efficaces.
Conflits

En ces temps troublés où les conflits se multiplient et où la violence paraît trop souvent être perçue comme une réponse inévitable, il devient essentiel de redonner une place centrale aux idéaux pacifistes. La non-violence, loin d’être une faiblesse, constitue une force morale et politique capable de transformer durablement les sociétés.

S’inspirer des grandes figures qui ont défendu cette voie, c’est d’abord reconnaître que le courage ne réside pas dans l’affrontement, mais dans la maîtrise de soi et le refus de céder à la haine. La non-violence ne signifie pas passivité ou lâcheté. Elle est une forme d’action, un engagement actif qui cherche à désamorcer les tensions, à ouvrir le dialogue et à restaurer la dignité humaine. Elle demande patience, lucidité et détermination.

Dans un monde interconnecté où chaque conflit a des répercussions globales, choisir la paix devient une responsabilité collective. Cela implique de repenser nos modes de communication, de privilégier l’écoute plutôt que l’opposition et de promouvoir des solutions fondées sur la justice plutôt que sur la domination virile. La paix durable ne peut naître que là où les causes profondes des conflits sont reconnues et traitées.

Renouer avec une volonté pacifiste, c’est aussi faire le pari de l’humanité. C’est croire que, malgré les divisions, il existe un terrain commun sur lequel bâtir un avenir partagé. C’est refuser la fatalité de la violence et affirmer que d’autres chemins sont possibles.

C’est par la non-violence, organisée et fermement engagée, que l’apartheid est tombé, que l’Inde a obtenu son indépendance, que les droits civiques des noir·es américain·es ont été conquis. Le dialogue, la pression diplomatique, la mobilisation de l’opinion publique, la grève générale, la contrainte économique, la désobéissance civile sont des moyens d’actions non-violentes efficaces. Si tous les leviers économiques avaient été utilisés contre le régime de Poutine, l’agression contre l’Ukraine aurait certainement cessé.

En redonnant vie à ces idéaux de non-violence, nous ne regardons pas seulement vers le passé. Nous traçons au contraire une voie pour l’avenir. Une voie exigeante, porteuse d’espoir, où la paix n’est plus un rêve angélique, mais un projet à construire, ensemble.

Christian Brunier, ancien député, membre du Bureau du Centre pour l’action non violente.