Pour la première fois, les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie, dont la Suisse, ont décidé de libérer plus de 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques. Pourtant, l’approvisionnement à court terme n’est pas critique, comme l’affirme Avenergy Suisse (anciennement Union Pétrolière).
Le vrai problème se situe à moyen-long terme, alors pourquoi sacrifier nos précieuses réserves ? D’autant plus que cette décision viole la loi sur l’approvisionnement du pays, qui stipule que le Conseil fédéral ne peut prendre de telles mesures qu’en cas de pénurie grave ou imminente. L’objectif affiché est d’éviter une récession mondiale liée au prix du pétrole et aussi de satisfaire un Trump inquiet d’un prix de l’essence trop élevé avant les élections de mi-mandat.
La menace reste néanmoins sérieuse à l’échelle de plusieurs semaines, étant donné que la guerre est bien partie pour durer. Il est donc crucial de préserver nos stocks d’or noir afin que, en cas de pénurie grave, la nourriture continue d’être livrée dans les magasins, que les services d’urgence, notamment les ambulances, puissent fonctionner, et que notre sécurité continue d’être assurée par la police et l’armée. Nous ne pourrons pas éviter la récession indéfiniment, et ce n’est pas le rôle des stocks stratégiques!
Outre l’usage des réserves uniquement en cas de pénurie, nous devrons préparer des mesures d’économie qui pourront être appliquées si la menace se précise, afin que les stocks durent le plus longtemps possible. Ces mesures graduelles, selon le niveau de tension, peuvent être par exemple: une campagne d’appel à la sobriété, la gratuité des transports publics, la réduction de la vitesse sur l’autoroute, la limitation du chauffage, la limitation du trafic aérien, l’interdiction de circuler le dimanche, l’obligation du télétravail, le rationnement du carburant routier, l’arrêt de toutes les industries non essentielles et l’arrêt du trafic aérien non essentiel.
Par ailleurs, l’approvisionnement en gaz pour l’hiver 2026-2027 n’est pas assuré si les hostilités persistent, mais cette question reste moins urgente que celle du pétrole.
Finalement, rappelons-le, à long terme, la stabilité et l’indépendance passent par la sobriété, l’efficacité et l’électrification via les énergies renouvelables et le nucléaire.
Enzo Dalla Barba,
Sion