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Pour une autre justice

La population genevoise élit son procureur général ce dimanche 29 mars 2026. KEYSTONE
Pouvoir judiciaire

Vendredi, à J-9 du premier tour de l’élection du procureur général, le taux de participation était encore famélique. Il n’atteignait tout juste pas les 20%. C’est dire si la désignation du prochain patron du pouvoir judiciaire genevois semble peu intéresser. Cette désaffection s’explique sans doute par le fait qu’une majorité d’entre nous, à tort, imagine que la politique pénale n’influence pas directement nos existences. Et ce, alors que la fixation du montant des amendes, quel qu’en soit le domaine, est du ressort du Ministère public. Les sanctions ne sont ainsi pas identiques selon qu’on habite Genève ou Soleure. Or, contrairement à 2020 qui avait vu Olivier Jornot se succéder à lui-même tacitement, faute de contradicteur, cette élection donne l’occasion de nous interroger sur le rôle d’un·e procureur·e général·e et sa marge de manœuvre.

Cette différence de traitement est assumée par Olivier Jornot, qui se targue de sa sévérité. Les directives émises par le chef du pouvoir judiciaire genevois forgent la politique pénale du canton. De fait, le procureur général insuffle, dans le respect du cadre légal, une coloration à la pratique judiciaire en guidant les procureur·es dans l’exercice de leur fonctions au jour le jour. De même, plus prosaïquement et plus proche de nos quotidiens, le chef du Ministère public négocie, avec le ou la conseiller·ère d’Etat chargé·e de la police, les priorités de la politique criminelle. Et par là, une vision de société dont il serait par trop facile de se dédouaner.

Aussi, il en va de notre responsabilité d’en finir avec une politique pénale prompte à taper sur la petite délinquance ou sur les militant·es genevois·es, condamné·es plus souvent qu’à leur tour pour des peccadilles. Derrière la volonté de respecter la loi, on criminalise les plus précaires et les représentant·es de la société civile qui font entendre d’autres voix que celle de la majorité. Il est temps que cela change.

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