Comme sur les sujets du salaire minimum et l’ouverture des magasins, la droite lance toujours des attaques ciblant la qualité de vie des genevois-es en commençant par des petits bouts. D’un côté, on enlève le salaire minimum aux étudiant·es et on ouvre 4 dimanches par année. De l’autre, on interdit les 30km/h sur les axes structurants. A chaque fois on promet que, promis juré, on s’arrêtera là. Et sur un malentendu, on espère que ça passera.
Pourtant, si l’attaque du Grand Conseil sur les 30km/h peut sembler trop technique ou une niche pour s’en préoccuper, il y a ici un aspect bien plus important que celui de la mobilité. Les limitations de vitesse sont en effet un levier essentiel pour améliorer la qualité de vie de la population. En terme de sécurité, tout d’abord, où la limitation à 30km/h diminue substantiellement le risque d’accidents et d’accidents mortels. Ensuite en terme de santé, en réduisant drastiquement les nuisances sonores.
Et à ce jeu, tout le monde n’est pas égal, car les classes populaires sont particulièrement exposées au bruit routier. Comme souvent en politique, ce sont elles qui payent pour le confort des autres. Alors que d’un côté les principaux utilisateurs de la voiture et les plus grands pollueurs sont les plus aisés, une grande partie des 120’000 Genevois es exposé es aux nuisances du trafic font partie des classes plus modestes et travailleuses.
Mais, pire encore, on n’aurait pas l’idée d’imposer le 50km/h dans les communes les plus riches du canton. Là, évidemment, les considérations des riverains sont prises en compte. Par contre, quand il s’agit des communes périurbaines et urbaines, très denses, la circulation de transit devient tout à coup la considération essentielle aux yeux du Grand Conseil. Deux poids deux mesures?
Le référendum lancé par la gauche pour sauvegarder la possibilité du 30km/h dans les axes structurants ne demande qu’une petite marge de manœuvre: la possibilité de pouvoir encore choisir, selon les endroits et les contraintes, de la vitesse la plus adaptée. Il s’agit aussi de défendre l’égalité de chacun·e en terme d’aménagement urbain et de droit à la ville. En plus, il faut tuer dans l’œuf ce nouveau jeu dangereux de la majorité du Grand Conseil.
Alexandre Diogo,
Conseiller municipal PS, Ville de Genève