Les marchands d’armes helvétiques se frottent les mains. En 2025, la Suisse a exporté pour 948 millions de francs de matériel de guerre à l’étranger, a annoncé mardi le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). En hausse de 43% par rapport à l’année précédente, ce montant frôle le record absolu en la matière. Et l’avenir s’annonce encore plus favorable: cette année, le Seco a donné son blanc-seing à 2 milliards de ventes supplémentaires vers l’étranger.
Trois Etats dirigés par l’extrême droite figurent parmi les quatre principaux clients de l’industrie d’armement suisse: les Etats-Unis de Donald Trump, la Hongrie de Viktor Orban et l’Italie de Giorgia Meloni. Pire encore. Des sociétés helvétiques ont continué à équiper l’armée génocidaire de l’Etat d’Israël, à laquelle elles ont fourni pour plus de 100 000 francs de «biens matériels spécifiques»1> Selon la définition du Seco, il s’agit de biens conçus ou modifiés à des fins militaires, mais qui ne sont pas directement des armes ou des moyens de combat. Une grande partie de ces biens envoyés vers Israël en 2025 consistaient en équipements visant à rendre les soldat·es difficilement identifiables.. Un montant qui ne représente que la pointe de l’iceberg: en 2025, la Confédération a autorisé pour 25,4 millions d’exportations de biens à double usage, civil et militaire, vers l’Etat hébreu2> Le Courrier, 6 mars 2026..
En vingt ans, les ventes d’armes suisses à l’étranger ont plus que triplé, indiquent les statistiques du Seco. Cette réalité n’a pas empêché les porte-parole de cette industrie d’évoquer mardi un «effondrement des commandes» qui mettrait en péril la «sécurité de la Suisse». Rien de neuf sous le soleil: depuis trois ans, le lobby militariste et les milieux patronaux rabâchent cette antienne catastrophiste, largement reprise par les médias. Objectif de ce narratif: imposer un assouplissement massif de la Loi fédérale sur le matériel de guerre (LFMG), entériné en décembre par le parlement mais combattu via un référendum par une coalition réunissant partis de gauche et milieux antimilitaristes, dont le Groupe pour une Suisse sans armée.
Concrètement, cette révision lâcherait complètement la bride aux flux d’armes helvétiques – y compris vers des Etats en guerre ou bafouant les droits humains. L’Allemagne, premier destinataire de ces exportations, pourrait ainsi réexpédier vers Israël, à qui elle fournit 31% de ses importations d’armements, des munitions ou véhicules blindés produits en Suisse.
Les profiteurs de guerre ne reculent devant rien pour augmenter leurs profits. Pour freiner leurs ardeurs, il est encore temps de signer le référendum contre la révision de la LFMG3> referendum-materieldeguerre.ch.
Notes