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Ils nous pourrissent le printemps!

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Il y a des fleurs partout: dans les prairies, les arbres et les jardins. Sous un soleil précoce (faut-il remercier le réchauffement?), c’est une explosion de couleurs, d’odeurs, de mouvements subtils dans la brise. La nature est en fête, pas encore masquée par le développement des milliards de feuilles qui pointent dans les bourgeons. L’atmosphère est transparente, vivifiante, pousse à la contemplation active et joyeuse de cette renaissance végétale à laquelle s’associent les animaux volants, bourdonnants, chantants, butinants, copulants et nidifiants…

Mais voilà! Un quarteron de milliardaires fascisants ou nazifiants vient nous rappeler, par médias serviles interposés, que les malades mentaux au pouvoir au Kremlin, à la Maison Blanche, en Palestine occupée, en République islamique ou ailleurs aggravent encore leurs génocides, leurs guerres, leurs occupations, leurs blocus criminels et leurs assassinats. Au seul service de leur démence et de leurs finances, ils bombardent, mitraillent ou affament des millions d’humains comme toi et moi qui ne demandent rien d’autre que vivre en paix, se cultiver, profiter de la vie et du printemps. Mais le seul profit qu’ils connaissent, c’est celui de l’argent, dont, le plus souvent, ils ne font rien d’intéressant, et l’opportunité, vaniteuse et perverse, de faire ce qui est interdit au peuple. D’être au-dessus des lois, au-delà des convenances, au sommet d’une prétendue élite, «par-delà le bien et le mal», comme l’écrivait un auteur discutable et discuté. A leur âge, le réchauffement climatique n’est pas leur problème, ils ne le vivront pas. S’ils déclenchent une apocalypse nucléaire, ce ne sera pour eux qu’un risque de plus, comme un infarctus ou un attentat.

Nous avons tendance à croire que nous vivons encore dans un monde libre, où l’information circule, où toutes nos opinions sont protégées par la liberté d’expression garantie par la constitution. La solidité de cette garantie est illustrée par l’exemple étasunien où les principes constitutionnels et la justice s’effondrent devant l’avancée du totalitarisme et où le discours MAGA inverse les causes et les effets: critiquer les crimes et le racisme israélien, c’est être antisémite; attaquer d’autres pays, c’est protéger l’Amérique; priver un pays entier de tout, c’est protéger ses habitants opprimés. Et ce fiel se répand dans la colonie servile des Etats-Unis que l’Europe est devenue depuis la Deuxième Guerre mondiale.

La douce fiction d’un ordre international encadré par des principes et des lois se lézarde sous les coups de boutoir des dirigeants totalitaires qui ont pris le pouvoir dans les pays les plus dangereux. Le club des puissants réunis, il y a peu, dans nos belles montagnes n’a pas plus de moralité que les cartels de la drogue ou du pétrole. On se prend à rêver d’un service secret national qui aurait organisé l’enlèvement des pires et leur séquestration dans un des tunnels inondables de l’armée. Bref, un coup style Maduro à l’envers, en douceur, sans victimes! Mais le conseiller fédéral Framboise n’est pas du bon côté…

Loin de la réalité politique, je voudrais l’oublier et revenir au printemps dont j’ai guetté les préparatifs tout l’hiver, entre les bourgeons serrés et minuscules des futures premières fleurs et les pousses timides qui s’échappaient des bulbes sous l’humus. Avec des larves animales, iels préparent la vie d’après et sa puissance, que saluait autrefois Jean Dorst dans un livre1>Dorst, Jean, La force du vivant, Flammarion, Paris, 1979. où il soulignait la fragilité des civilisations humaines face aux transformations des écosystèmes et l’opposait à la force du vivant. L’expérience de Tchernobyl a montré que, dans les zones interdites aux humains parce que trop irradiées, de nombreuses espèces végétales et animales survivaient ou même prospéraient. Le printemps survivrait donc sans doute aux humains en cas de conflit nucléaire extrême. Mais est-ce vraiment une consolation si personne n’en témoigne?

Notes[+]

* Chroniqueur énervant.

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