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Le Courrier L'essentiel, autrement

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Légèreté, incompétence ou mépris?

Marina Decarro s’indigne des retards de paiements dont sont victimes des personnes inscrites au chômage.
Assurances sociales

Voici des mots qui viennent à l’esprit devant la situation créée par les importants retards intervenus dans le versement des indemnités chômage. En effet, depuis le 6 janvier le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) a introduit un nouveau système informatique. C’est une affaire très complexe, on y travaille depuis une dizaine d’années semble-t-il, et il a coûté des millions. D’accord, il convient de mettre à jour, de moderniser, c’est normal. Ce qui n’est pas normal, c’est de lancer le changement de système sans s’assurer que, quoiqu’il arrive, les paiements pourront être effectués à temps auprès des chômeuses et des chômeurs.

On ignore combien de personnes n’ont pas encore reçu à ce jour le versement du mois de janvier. Pour ma part, je connais la situation d’une personne, inscrite au chômage depuis quelques mois, qui le 16 janvier n’avait pas touché un centime depuis le mois de décembre. Et pourtant à la caisse chômage on affirme que son dossier est à jour et que l’ordre de versement parti. Et il y a celles et ceux qui viennent de s’inscrire au chômage et qui vont devoir patienter on ne sait pas combien de temps…

Comment ne pas s’indigner lorsqu’au niveau fédéral les responsables de ce projet ont donné le feu vert sans prévoir une solution alternative pour le cas (probable et désormais confirmé) où ça ne marcherait pas du premier coup? C’est d’autant plus choquant que chacun sait (et les responsables le savaient aussi) que les personnes concernées se trouvent pour la plupart dans une situation de fragilité économique et psychologique et qu’ils ou elles ont absolument besoin de ces versements pour payer leur loyer, leur assurance maladie, etc.

Non seulement on ignore le nombre exact de personnes concernées, mais par-dessus le marché on ignore pendant combien de mois ces problèmes risquent de se reproduire et avec quelle ampleur.

Cette affaire n’améliore pas la confiance de la population dans les hauts gestionnaires qui parlent sans cesse d’économies, d’efficience et d’efficacité.

Marina Decarro,
Genève