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Ne pas tirer sur le messager

Adam Edelman (à g.) et ses coéquipiers Menachem Chen, Uri Zisman et Omer Katz en compétition aux JO de Milan-Cortina le 21 février dernier. KEYSTONE
Israël-Palestine 

Notre confrère de la RTS, Stefan Renna, subit les foudres des relais d’Israël. Lundi dernier, commentant la descente de bobsleigh aux JO de Milan-Cortina, le journaliste sportif a eu «l’audace» de questionner la participation d’un athlète israélien à la manifestation.

Il relevait le deux poids deux mesures du CIO qui stipule que les athlètes soutenant activement la guerre ne peuvent concourir. L’instance supranationale applique ce principe aux Russes dans le contexte de l’agression contre l’Ukraine, mais pas aux citoyen·nes d’Israël qui soutiennent le génocide à Gaza.

Le journaliste a factuellement mentionné la participation d’Adam Edelman à la propagande de l’Etat hébreu en citant précisément des extraits de publications sur les réseaux sociaux. Dont celui dans lequel il s’autodéfinit «sioniste jusqu’à la moelle» et un autre dans lequel il affirme que l’intervention à Gaza est «la guerre la plus moralement juste de l’histoire».

Sous pression, à moins de trois semaines de la votation sur l’initiative «200 francs ça suffit», la RTS a retiré la séquence de son site internet et désavoué son collaborateur en affirmant: «Une telle information, bien que factuelle, est inappropriée dans le cadre du commentaire sportif en raison de sa longueur.» La RTS n’a en revanche pas cédé au comité olympique israélien qui exigeait des excuses publiques et la suspension du commentateur de la couverture des Jeux.

La sphère médiatique se déchaîne. On reproche au commentateur d’être sorti de son rôle et d’avoir glissé vers une analyse géopolitique qui n’avait pas lieu d’être. On s’offusque qu’il ait articulé le terme que ses collègues de l’information ne doivent pas prononcer: génocide. Il a pourtant expliqué qu’il s’agissait «du terme utilisé par une commission d’enquête de l’ONU au Moyen-Orient». Quand on ne veut pas voir ni entendre une réalité, on critique la forme et on tire sur le messager.

Les lobbies pro-Israël pèsent de tout leur poids sur la politique suisse, la propagande infiltre nos médias, mais la nature des crimes commis à Gaza crève l’écran. Un peuple est en train d’être annihilé avec la complicité de l’Occident, dont la Suisse.

Il est insensé de critiquer un journaliste qui signale la présence d’un propagandiste du génocide dans un événement censé représenter la paix. Le sport est depuis toujours un instrument utilisé par les Etats pour redorer leur blason. Les compétitions sont des canaux diplomatiques. Le bobeur 1>Son équipe a finalement été disqualifiée par le comité olympique israélien après qu’un coéquipier a obtenu un faux certificat médical pour intégrer un remplaçant. n’a pas hésité à utiliser son statut d’athlète pour justifier le massacre des Palestinien·nes et on s’offusque d’un retour de bâton.

Il est de notre devoir de dénoncer les crimes contre l’humanité commis à Gaza. Il en va de notre humanité d’utiliser toutes les tribunes pour empêcher que la Palestine ne soit rayée de la carte. Tout notre soutien à Stefan Renna!

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