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La débauche des élites

Rayane Ben Amor commente la publication, le 30 janvier, de nouveaux fichiers liés au prédateur sexuel Jeffrey Epstein.
Scandale

Accusé de trafic sexuel sur mineurs, le fortuné Jeffrey Epstein, expert en évasion fiscale, a curieusement été retrouvé mort dans sa cellule en 2019 après avoir été arrêté. Sa femme, Ghislaine Maxwell, est détenue dans un établissement confortable. Elle était l’affreuse rabatteuse sans cœur, amenant de jeunes victimes à sacrifier sur l’île de son mari pervers. Cette histoire dépasse toutes les théories complotistes que les médias s’acharnent à contrer pour faire tenir l’illusion de la démocratie et de la transparence.

Princes des Emirats, de l’Angleterre, géants de la tech, anciens présidents, hommes d’affaires, princesses, «enfants de»… le gotha international a eu affaire à ce riche délinquant, spécialisé dans la disparition de fortune, ou a carrément trempé dans ces soirées orgiaques et assisté au spectacle de gamines pour assouvir la libido des invités.

La masse informe de documents a bien été mise à disposition du public sur le site du ministère de la Justice américaine. Démocratie oblige. C’est indigeste tant les pièces à conviction sont nombreuses et tant c’est caviardé. Le président des Etats-Unis, Donald Trump, estime qu’il faut passer à autre chose. Sans doute compte-t-il sur le flot de l’actualité pour faire diversion. Car tout va trop vite, les soirées­ du même acabit – de Sean Combs, alias Diddy, ont déjà été oubliées.

Retenons dès lors que si la gauche et la droite s’affrontent en public, derrière les rideaux, ils peuvent être de bons copains adeptes de soirées où on va jusqu’à se travestir. Retenons aussi que le luxe empêche toute guerre civile et que le multiculturalisme se porte plutôt bien dans des robes de chambre satinées. Le reste n’est qu’un show pour essorer la masse et les services secrets sont tapis dans l’ombre. La technique du krompromat semble avoir du succès. Et comme des poupées russes, il doit aussi y avoir des états dans l’état ou des clubs dans les clubs. Aujourd’hui, nous en sommes certains.

Rayane Ben Amor,
Lausanne