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Une redevance à 200 francs ne suffit pas

Reto Barblan estime que l’acceptation de l’initiative «200 francs ça suffit» affaiblirait le service public et favoriserait des médias d’intérêts privés étrangers.
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Le soussigné, né en 1946, apprécie depuis de nombreuses décennies notre système audio-visuel public suisse. Perfectible certes, mais la SSR-RTS nous a accompagnés, nous a informés de manière indépendante, compétente avec des propos solidement vérifiés, étayés, dignes de confiance. Non pas des fake-news ni de la propagande. Et si l’on peut se sentir occasionnellement heurté, c’est pour un vrai débat de convictions.

La SSR-RTS sait faire la part des choses, inviter des intervenants de divers horizons, politiques, éthiques, religieux. Elle sait accepter la contradiction, et nous invite ainsi à plus de réflexions.

Mais encore, elle met en valeur notre patrie dont il faut rappeler la complexité géographique en plus de ses quatre langues dites nationales, qu’elle respecte. Son mandat est aussi largement culturel, dont en particulier les divertissements et le sport. C’est la Suisse telle que nous l’aimons, multiple, attachée à ses valeurs nationales du bien-vivre ensemble.

Trois cents francs par an et par ménage, y compris pour des médias locaux, est-ce trop cher payé?

Pays d’importance numérique analogue à la Suisse, le Danemark exige une taxe annuelle de 326 francs. Mais il a comme vecteur une seule langue, nous en avons trois au minimum, même quatre! Le mandat de la SSR-RTS est de couvrir avec équité tant la Suisse dite italienne, que romande, alémanique ou romanche. Dans cette situation, elle doit d’autant plus maintenir le niveau largement reconnu de ses prestations, dont les aides à la création culturelle théâtrale, musicale, et filmographique, où elle s’est montrée indispensable. Et la redevance participe au financement de médias régionaux. Cela aussi c’est notre vivre ensemble!

Notre service public suisse SSR-RTS doit être en mesure d’évoluer, de s’adapter aux nouvelles technologies de communication. Le défi est d’importance. Hors financement?
Pourtant certains estiment que 200 francs par an devraient suffire. Une baisse de 33 %! Quelle entreprise serait en mesure d’accuser une telle baisse de revenus? Disparaître? Ou amoindrir ses prestations, et envoyer au chômage plus de 1500 collaborateurs et collaboratrices?

Dans le journal du matin à la radio, M. Philippe Nantermod estimait que la RTS-SSR devrait s’en tenir à sa mission de base. Laquelle? Cela il ne le dit pas. Mais selon lui, les prestations telles que les émissions consacrées aux sports, dont le foot, même le ski, devaient être payées au cas par cas par l’usager. Où est l’économie pour l’auditeur-téléspectateur? Cela s’appelle donner d’une main pour reprendre par l’autre!

La redevance annuelle abaissée à 200 francs, c’est affaiblir sévèrement le service public suisse audio-visuel. Je n’accepte pas cette initiative, une initiative de sabotage, et qui favorise des médias d’intérêts privés étrangers, eux hors de tout contrôle. Que devient la Suisse dans tout cela? Le 11 mars, avec la raison et le cœur, j’appelle à voter non.

Reto Barblan, Fontanezier (VD)