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Cap maintenu sur Gaza

Frappe israélienne à Gaza, vendredi 6 février 2016. KEYSTONE
Gaza

Ils ne respectent même pas les mort·es. Le 25 janvier dernier, les pelleteuses israéliennes ont ravagé le cimetière Al-Batsh, situé à l’est de la ville de Gaza, dans la «zone jaune» occupée par l’Etat hébreu. Les soldats ont exhumé des centaines de corps palestiniens, dans le but de retrouver le cadavre de Ran Gvili, le dernier otage du Hamas retenu dans l’enclave.

Il n’y a pas de paix à Gaza, où l’armée israélienne profane des tombes et continue à massacrer les vivant·es, portant à plus de 71’800 le nombre de Gazaoui·es abattu·es depuis le 7 octobre 2023. Pas assez pour le premier ministre Benjamin Netanyahou, qui rêve de relancer la tuerie à plus large échelle 1>+ 972 magazine, 29 janvier 2026..

Quant à la catastrophe humanitaire, elle s’aggrave. «Des enfants continuent de se coucher le ventre vide et des centaines de milliers de personnes n’ont pas accès aux soins de santé de base. Les pluies hivernales ont transformé les camps de déplacés en océans de boue, exacerbant leurs souffrances», dénonce Sam Rose, le directeur des affaires de l’Unrwa à Gaza 2>Le Temps, 4 février 2026.. L’enclave reste soumise à un blocus meurtrier et à une destruction méthodique. Rien qu’en janvier, Israël y a détruit sept écoles tenues par l’agence onusienne.

Le génocide se poursuit, à une intensité plus basse que lors des deux premières années de l’assaut israélien. Ce changement de rythme s’accompagne d’une forte diminution de l’attention médiatique portée à l’enclave – ce qui était probablement le principal objectif du trompeur «processus de paix» concocté par Donald Trump et validé avec empressement par les Etats occidentaux. Ignazio Cassis, conseiller fédéral dénoncé à la Cour internationale de Justice pour complicité de génocide, profite aussi de la diversion pour jouer à la colombe, à l’aide de son strapontin à l’OSCE.

«Lorsque les institutions abandonnent leurs obligations légales et morales, ce sont les citoyens qui héritent de cette responsabilité», affirmait en décembre Saif Abukeshek, membre du comité directeur de la flottille Global Soumoud. Concrétisant cet impératif, les organisateur·ices de la flottille ont décidé de remettre le cap sur Gaza. En mars, cinq mois après l’interception illégale d’une première escadre, ils et elles affrèteront cette fois près de cent bateaux, qui tenteront à nouveau de rompre le blocus israélien.

Aussi nécessaire que courageuse, cette initiative pourrait contribuer à donner une nouvelle vigueur au mouvement de solidarité avec la Palestine. Car si les Etats ont abdiqué face au génocide, ce n’est pas le cas des peuples.

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