A quoi pourrait ressembler un «frein aux inégalités» inscrit dans la Constitution?
Téléportons-nous en 2050 et rendons-nous sur la page «Le frein aux inégalités» de la Confédération (librement inspirée de la page «Le frein à l’endettement», consultée en janvier 2026). Voici ce qu’on peut y lire:
«Le frein aux inégalités est considéré comme un modèle de réussite depuis 2030, l’année de son introduction. Résistant aux crises, ce mécanisme garantit que les inégalités en Suisse n’augmentent pas et permet même de les réduire. Le frein aux inégalités est un mécanisme simple qui sert à piloter les prélèvements obligatoires de la Confédération. Il vise à empêcher l’accroissement des inégalités de revenu et de fortune. Cet instrument jouit d’un large soutien auprès de la population: la disposition constitutionnelle relative à son introduction avait ainsi été approuvée à 85 % lors de la votation de 2029 et, vingt ans après sa mise en place en 2030, le peuple et le Parlement restent majoritairement favorables au recours au frein aux inégalités. Comment fonctionne-t-il? La Confédération mesure et publie l’évolution des inégalités de revenu et de fortune au moyen d’indicateurs économiques tels que le coefficient de Gini et le rapport interdécile. Si au moins un de ces indicateurs montre un accroissement de l’inégalité sur une année, les barèmes fiscaux sont automatiquement adaptés pour ramener le ou les indicateurs à un niveau cible égal à leur état antérieur. Pourquoi a-t-on instauré un frein aux inégalités? Les disparités de revenu et de fortune ont augmenté de manière constante entre le milieu des années 1990 et le milieu des années 2020, à tel point que le danger d’une perte de confiance généralisée dans le système commençait à poindre. La stagnation des salaires réels de la plus grande part de la population, couplée à l’augmentation significative des coûts de la santé et du logement, ont favorisé l’émergence d’un large consensus politique autour de l’initiative pour un frein aux inégalités.»
David Furrer,
citoyen (GE)