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Le Courrier L'essentiel, autrement

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Comment est-ce possible?

Andrienne Soutter dénonce l’art de faire taire ceux et celles, de gauche de préférence, qui résistent, qui dérangent: les lanceurs d’alerte.
Justice 

Comment est-il possible dans notre pays civilisé, éduqué, démocratique, qu’une personne soit accusée, inculpée, punie de prison et d’une énorme amende sur la foi d’images d’une caméra de surveillance et d’une analyse graphologique toutes les deux ni claires ni fiables?

Comment est-ce possible d’assimiler un engagement citoyen éthique et/ou humaniste de quarante ans avec un geste puéril et méprisable, soit d’un côté les panneaux irréprochables d’Anne-Cécile Reimann et de l’autre les minuscules billets, eux clairement antisémites?

Comment est-ce possible de l’accuser, elle, d’antisémitisme alors qu’elle exprime si bien, par ses grands panneaux brandis lors de manifestations, ce que tant d’entre nous voudraient dire; elle qui est, en quelque sorte notre porte-parole à propos de cette guerre innommable et la destruction quasi totale d’une population et de son habitat? Comment? Comment? Comment?

Connaissant et ayant côtoyé Anne-Cécile durant une quarantaine d’années dans tant de mobilisations, je suis sidérée et indignée qu’on puisse en arriver là. C’est comme si la médisance, les mensonges, les ont-dits, les fake news, la menace, le chantage prenaient le dessus.

Il y aurait tant à dire sur ce qu’on apprend de cette affaire qui révolte et écoeure. Cela réconforte de savoir qu’un comité de soutien se constitue. Gageons qu’il sera rejoint par énormément de monde et qu’il mettra la lumière sur les ombres et la faiblesse de l’instruction.

Ce n’est pas par une médaille de «Genève reconnaissante» que la Ville aurait dû honorer Anne-Cécile mais par une statue!

Andrienne Soutter,
Genève